RÔLE DE LA PAPAUTE
de la liberté politique. Ce seront surtout les communications de la cour de Rome qui nous présenteront cette contradiction.
La résistance ne fut décidément organisée qu'après le décret qui imposa le serment politique au clergé, mais elle se prononça de plus en plus et tendit à se discipliner dès les mois qui précédèrent. Il faut distinguer pendant cette période les actes publics des correspondances secrètes. Ce qui se prépare est infiniment plus grave que ce qui s'accomplit. Les mandements et les protestations bruyantes on! ht aucoup moins d'importance que les lettres émanées de Rome soit pour agir sur l'esprit irrésolu du roi. soit pour stimuler le courage des oppo>ants du clergé. Dès le mois de mars de cette année 1790 le pape prend une attitude ouvertement hostile vis-à-vis de la Révolution ; il ne se contente pas de blâmer les mesures qui portent atteinte à ses droits; il enveloppe dans la même condamnation toutes les réformes, même les plus justes l. Dès le 7 mars 1790, dans un consistoire secret il avait tenu un lancage dolent et amer sur tout ce qui s'était passé en France depuis l'ouverture des états généraux. Il n'hésitait pas à dire que cette antique monarchie frappée par ses propres enfants touchait à sa ruine2. Après des plaintes fondées sur les empiétements du pouvoir politique, le saint-père n'hésitait pas à condamner sans détour l'Assemblée nationale pour avoir décrété la liberté de conscience. Il s'indignait de ce que les non catholiques eussent été déclarés aptes à posséder toute espèce de charge municipale, civile ou militaire3. La liberté politique était trailéede vain fantôme et la limitation apportée au pouvoir royal était représentée comme une indigne violence qui devait empêcher désormais le roi très chrétien de venger les droits de
1. Voir sur les rapports du pape avec la Révolution française : 1° les Brefs et Instructions de S. S. -P. Pie VI, depuis 1790 jusqu'à 1796. 2 volumes. Rome, 179G. — 2U Documents inédits irlaiifs aux affaires religieuses de la France, 1790 à 1800, publiés par B.-P. Theiner, Paris, 1857. Firmin Dulot.