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Dü VAL-DE-GRACE. 89
Mansart a bâti, dit-il, « l’hôtel de Condé où il n’a préparé que des nids pour des araignées, au lieu de donner place comme il devait à quelque excellent peintre pour y produire quelque pensée qui fût digne du lieu et des princes qui l’habitent... »
« Il se sert des peintres, des sculpteurs et des menuisiers pour faire ses dessins... »
« Il imposait non-seulement les maçons, les charpentiers, mais encore les peintres et les sculpteurs... »
« Il aurait voulu que tous les plans des artisans du royaume lui fussent soumis, et qu’ils ne fussent donnés au public qu’après son approbation, sous peine d’amende... Comment un peintre et un sculpteur pourraient-ils supporter une semblable chose? » etc.
Par bienséance nous terminons ici nos citations.
Ne résulte-t-il pas très-clairement de cette caricature qu’elle a été faite sous l’empire de la passion, par quelque esprit froissé et intéressé à combattre l’autorité parfois cependant si légitime de l’architecte?
On nous reprochera peut-être de n’avoir pas gardé le silence sur une œuvre anonyme d’une si grande trivialité et qui a pour objet d’atteindre Mansart dans sa réputation d’honnête homme. Mais nous ne croyons pas qu’elle en puisse souffrir, et ne sommes-nous pas d’ailleurs un peu tenu de relater ici tout ce qui tient à l’histoire de nos artistes?
Si, comme l’annonce l’auteur de cette diatribe, les armes les plus communes de ce temps corrompu étaient les plumes, nous ne pouvons nous en rapporter à la sienne, et nous n’admettrons pas que xMansart ait été l’ennemi mortel des arts et des sciences. Mais il se pourrait bien que des calomnies du
L’EGLISE ET LE MONASTERE
genre de celles-ci aient eu, de loin, quelque influence sur les décisions de la Reine ou du Cardinal relativement à Parchitecte du Val-de-Grâce , pour le mettre dehors, comme il est dit dans la Mansarade, et le faire remplacer par un autre.
En examinant les édifices qu’il a laissés, et tenant compte du milieu où il a vécu, nous reconnaîtrons non-seulement un talent réel dans le choix de leurs proportions et dans l’expression de leurs formes, mais encore cette indépendance dans la pensée qui est pour nous un rare mérite; car l’artiste est d’autant plus amoindri qu’il reste dépendant. On l’a dit d’ailleurs avant nous, François Mansart, d’un caractère moins souple, il est vrai, que son petit-neveu, lui était cependant supérieur comme artiste, et peut être regardé comme l’un des premiers architectes dont s’honore la France ; son nom restera indissolublement lié à la grandeur et à la magnificence des dispositions du monastère du Val-de-Grâce.
11 mourut à Paris1, rue Payenne, le 23 septembre 1666, dans la matinée. « 11 y était venu de Fresnes quelques jours auparavant sur les ordres qu’il y avait reçus de M. Colbert, pour travailler à un arc de triomphe qui devait se construire au faubourg Saint-Antoine 2. »
Jacques Fe Mercier. — Jacques Fe Mercier naquît à Pontoise vers 1590. Il se rendit à Rome fort jeune encore, car une gravure qu’il y fit du modèle de l’église Saint-Jean des Florentins, composé par Michel-Ange, porte la date de