‹ L'église et le monastère du Val-de-Grâce, 1645-1665Chapitre 21 sur 30 · y a une erreur : les tribunes sont dans les transepts · texte numérisé non relu

y a une erreur : les tribunes sont dans les transepts

IOO

Ceci a été écrit en 1742, longtemps après la mort de Le Duc, qui eut lieu à Paris, en 1704. On le voit, cet architecte n’a donc pas terminé l’église des Petits-Pères, et nous sommes ici encore devant une œuvre commune à plusieurs artistes sans pouvoir déterminer absolument la part réelle qui revient à chacun d’eux. Toutefois il s’y trouve peu du travail de Le Duc.

Il en est de même à l’église Saint-Louis-en-l’Ile qui, commencée par Louis Le Vau, a été continuée par lui. La porte principale était tout entière son œuvre, mais elle a été détruite. La calotte sphérique de la croisée a été exécutée par Jacques Doucet, de 1724 à 1725. La nef avait été achevée en 1723, par conséquent après la mort de Le Duc, et J. -B. de Champagne a donné les dessins de la sculpture.

Il ht encore, en 1679, l’église Saint-Josse, rue Aubry-le- Boucher, le corps principal et la décoration de la bibliothèque des Augustins-Déchaussés, une maison rue Saint- Dominique, gravée par Marot, et, en 1675, le maître-autel de l’église Saint-Barthélemy, près le Palais de Justice. De toutes ces productions il ne reste rien.

Il nous est donc impossible de trouver ailleurs qu’au Val-de-Grâce des preuves irrécusables du talent de Le Duc. Ce qu’y a fait cet artiste suffit grandement d’ailleurs pour l’immortaliser.

Germain Brice n’est pas de cet avis lorsqu’il écrit, en 1 723, que Le Duc ne manquait pas de génie, mais qu’il s’en fallait de beaucoup qu’il eût la capacité de l’excellent architecte Pierre Le Muet, auquel il succédait au Val-de-Grâce. « L’on ne s’en aperçut que trop, dit-il, dans les parties de cet édifice dont il eut la conduite. » Cette appréciation du mérite de l’artiste est, selon nous, très-erronée. Elle a pu

IOI

être la reproduction de certaine opinion répandue du temps de l’historien Brice, mais nous ne voyons pas sur quel motif elle pourrait s’appuyer. Quatremère de Quincy n’a-t-il pas été influencé lui-même par cette opinion qu’il semble avoir reproduite?

Nous avons heureusement sous les yeux le monument, et l’on peut aujourd’hui se prononcer en toute liberté sur ce point, en examinant les proportions des diverses parties de l’architecture, le dessin des moulures et l’ornementation, et enfin le baldaquin du maître-autel, œuvre que personne ne conteste à Le Duc, et qui a été conçue et dirigée par lui-même.

Il est aisé de voir à l’examen d’un monument si l’auteur a possédé le véritable, l’unique moyen de faire bien comprendre la délicatesse de sa pensée, c’est-à-dire le dessin, au moyen duquel la main sait toujours obéir à l’inspiration 5 celui-là est, selon nous, le véritable architecte. Les détails intérieurs de l’église du Val-de-Grâce sont une preuve que Le Duc avait cette qualité.

On n’a retrouvé qu’un seul acte de l’état civil où son nom fut inscrit, c’est celui du baptême de son filleul Philippe Peigner, fils d’un tailleur de pierres1.

Antoine du Val Broutel ou Broutil. — Nous ne pouvons citer le nom d’Antoine Du Val Broutil que comme un collaborateur assez secondaire de Gabriel Le Duc dans l’œuvre du Val-de-Grâce. Ce nom, même à ce point de vue, est peu prononcé. Nous ne le voyons que dans la Biographie universelle de Michau frères et dans un compte de

Page 1