Pièces justificatives E
L’EGLISE ET LE MONASTERE
travaux conservé aux Archives nationales, où il est dit : « à Gabriel Le Duc et Antoine Du Val Broutel, entrepreneurs du bâtiment du Val-de-Grâce , la somme de 10,000 francs, etc. » Quelquefois il prend le nom d’ingénieur ou de commis. Ailleurs il paye les ouvriers. On lit dans les comptes d’Anne d’Autriche (n° 1924) que, en 1647, Le Val Brotil est employé pour payer des ouvriers, tailleurs de pierres de Vergelay, maçons, limosins, poseurs, appareilleurs. A ces dépenses sont mêlés des travaux de menues réparations au logement du sieur Mansart. Du Val Broutil aurait donc servi d’aide aux quatre architectes qui se sont succédé pendant la durée des travaux. Nous ne savons rien autre chose, ni de sa vie, ni de ses propres œuvres. Nous ne pensons pas, lors même que de nouveaux renseignements se produiraient, qu’il ait eu une grande influence dans l’œuvre artistique dont il s’agit.
On retrouve encore, dans le compte dont il vient d’être question, les noms de Nicolas Cazin et de François Lestouré, maçons, qui ont exécuté au Val-de-Gràce des travaux de peu d’importance.
François Anguier. — Michel Anguier. — L’aîné de ces deux frères, François, naquit en 1604. Il étudia la sculpture dans l’atelier de Carron d’Abbeville, puis chez Simon Guillain. Il passa deux ans en Italie et revint à Paris. Sa plus belle œuvre est le mausolée du duc de Montmorency, à Moulins. Cependant il coopéra grandement à la splendeur du monument élevé par Anne d’Autriche, et se partagea avec son frère les travaux de sculpture du Val-de-Grâce. Un très-beau bas-relief en bronze doré, placé sur la face principale du maître-autel, et qui a dis-
paru avec l’autel lui-même en 1793, était dû à son ciseau. Il fit aussi le groupe de la Nativité destiné au maître-autel, et qui passe pour être son chef-d’œuvre. Ce groupe, transporté au Musée des Petits-Augustins lors de la grande Révolution, fut donné par Napoléon Iir à l’église Saint-Roch, à Paris, construite en 1709, oii on le voit encore aujourd’hui, sur l’autel de la Sainte-Vierge. François Anguier y fit également deux figures représentant saint Roch et Jésus-Christ, qui sont placées de chaque côté du même autel.
Michel Anguier, né en 1612, fut aussi élève de Guillain. Il passa dix ans à Rome, où il travailla sous l’Algarde. A son retour en France, il fut chargé de la décoration d’une partie du vieux Louvre et des ouvrages de sculpture du Valde-Grâce, dont il fit les plus importants. Il faut remarquer particulièrement, dans ce dernier édifice, les sculptures des pendentifs de la coupole et les Vertus représentées dans les tympans des arcades de la nef, ainsi que les ornements du baldaquin. Admis à l’Académie en 1668, Michel Anguier exécuta, en 1674, la sculpture de la porte Saint-Denis commencée par Girardon ; Blondel en était l’architecte. On lui accorde souvent un mérite supérieur à celui de son frère. Cette opinion est-elle bien justifiée ?
Piganiol de laForce dit que François et Michel Anguier, qui par leur piété ont imité les plus grands saints, sont nés à la ville d’Eu. François mourut à Paris le 8 août 1669, et Michel, aussi à Paris, le 11 juillet 1 686 1 , et ils furent inhu-