Pièces justificatives I
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L’EGLISE ET LE MONASTÈRE
la destination spéciale de cet ouvrage. Il a pu orner la chapelle Saint-Louis. Alexandre Lenoir, dans sa Description des monuments de Paris, Ta catalogué sous le n° 247. Ce basrelief a disparu.
Sarrazin, on le sait, doit sa réputation aux grandes et belles cariatides accouplées qui ornent l’étage supérieur du pavillon dit de l’Horloge, au Louvre, qu’il ht sous la direction de J. Le Mercier.
Il naquit à Noyon, en 1590, et partit jeune pour l’Italie. Il eut pour protecteur le cardinal Aldobrandini et reçut les conseils du Dominiquin. Il resta dix-huit ans à Rome. De retour à Paris il devint le gendre du peintre Simon Voiiet et entra, en 1655, à l’Académie dont il devint le premier recteur.
Indépendamment des belles cariatides qui firent la réputation de Sarrazin, on cite encore de lui les statues d'Atlas et de Polvphème, en Italie; celles de Saint Jean et de Saint Bruno, à Lyon ; les quatre anges du maître-autel de Saint- Nicolas-des-Champs, les mausolées du cardinal de Bérulle, dans l’église de l’Oratoire, à Paris, et celui de Henri de Bourbon; ce dernier, placé dans l’église des jésuites de la rue Saint-Antoine, représentait la Religion, la Justice, la Piété et la Force, avec quatre bas-reliefs de bronze dont les sujets étaient les triomphes de la Renommée, du Temps, de la Mort et de l’Eternité.
Jacques Sarrazin mourut en 1660.
Pierre Mignard, dit Le Romain. — La peinture à fresque de la coupole du Val-de-Grâce est due à Pierre Mignard qu’il faut distinguer de son frère Nicolas Mignard, dit Mignard d’Avignon. Ce dernier, peintre et
graveur, est né à Troyes, en 1608, et mourut en 1668, à Paris L
Pierre Mignard, lui aussi, naquit a Troyes, mais en novembre 1610.
Lépicié, secrétaire de l’Académie de peinture, dit1 2 que la famille de Mignard est originaire d’Angleterre, qu’elle s’est établie en France depuis deux générations, et qu’elle s’appelait More. A ce sujet, il raconte que Henri IV, étant à Troyes et voyant parmi les troupes de son parti sept frères remarquables par leur beauté, et parmi lesquels se trouvait le père de Mignard, il demanda leur nom. A la réponse qu’on lui lit, il répartit : « Ce ne sont point là des Mores, « ce sont des Mignard ». D’oii ce nom leur serait resté. Mais la véracité de ce récit est contestée par Grosley, qui écrivit plus tard à Lépicié : « Que le père de Mignard 11’a point été « aussi fidèle à nos rois que le dit l’auteur de sa vie, puis- « qu’il était un des émissaires des ligueurs de Troyes; qu’il « n’a point servi les rois avec distinction, puisqu’il était « simple capitaine de la milice bourgeoise et que les capi- « taines sont choisis parmi la bourgeoisie la moins distin- « guée; qu’enfin le conte sur lequel on fonde l’origine du « nom de Mignard est controuvé, puisque, dès le cominen- « cernent de la Ligue, il s’appelait Mignard, et que d’ailleurs « Henri IV n’est venu à Troyes que longtemps après la date « en question. »
M. Charles Blanc, après l’abbé de Monville, a écrit, dans son Histoire des peintres de toutes les ecoles, la vie de Pierre Mi gnard. Nous y puiserons quelques renseignements.