‹ L'église et le monastère du Val-de-Grâce, 1645-1665Chapitre 8 sur 30 · Bibl. nate, man. supplém. français, n · texte numérisé non relu

Bibl. nate, man. supplém. français, n

L’ÉGLISE ET LE MONASTÈRE

vivant architecte des bastiments du Roy, et tutrice des enfants du sieur Le Mercier, la somme de i^oo'- tournois sur et tant moings de ce qui est dû and. feu s1' Le Mercier des appointements à lui accordez par Sa Maj., par son brevet du 19e jr d’octobre 1646, tant à cause du service qu’il a rendu à la construction de l’église du Val-de-Grâce qu’en considération de ce qu’elle a remis ès mains du sr Le Muet, aussy arch,e des Bastls du Roy, tous les plans, dessings et mémoires qui ont été faits par led. sr Le Mercier touchant ladite église. Somme reçue le 18 janviev 1655. »

Combien seraient précieuses pour nous ces pièces égarées !

Le Muet n’était pas étranger aux travaux du Val-de- Grâce. 11 en est question en effet, dès l’année 1645, dans le livre de dépenses de la Reine : le 5 mars de cette même année il recevait un brevet d’après lequel il devait toucher des appointements de trois mille livres tournois1 .

A l’âge de cinquante-quatre ans, il avait été appelé à seconder Mansart et à conduire les travaux de construction proprement dite, quelques jours après le 21 février où avaient eu lieu les premières fouilles, peut-être à cause de ses grandes connaissances pratiques et des difficultés matérielles qui se présentaient. 11 avait déjà donné des preuves de son expérience, notamment dans des constructions militaires. Dix ans après, il touchait encore son traitement, de sorte qu’il était resté successivement attaché à

1. • Au Sieur Le Muet, architecte des bastiments du Roy, la somme de 3000ÜV. « tourn. pour les appointements qu’il plaist à Sad. Majesté lüy accorder pour « chacun an durant le temps qu’il vacquera à la conduite du d. bastiment de 't l’csglise du Val-de-Grâce, et ce, par brevet du 5 mars 1645, pour une année « commencée le ier jour de janvier 16^ et finissant le dernier jour de décembre « ensuivant au dit an. »

Mansart et à Le Mercier, comme conducteur de travaux, et il devenait lui-même, nous l’avons dit, en 1654, architecte en chef de l’œuvre.

11 faut admettre cependant que l’on reconnut, sous certains rapports, l’insuffisance de Le Muet, puisqu’on lui adjoignit Gabriel Le Duc, dont la réputation était déjà bien établie par les études sérieuses qu’il avait faites à Rome, d’où il arrivait. Le mérite de ce collaborateur dut être considéré comme supérieur à celui de Le Muet, car si les deux architectes avaient repris ensemble les travaux à partir de la corniche de la nef, Le Duc, bientôt seul, acheva, sur ses propres dessins, ce qui restait à bâtir de l’église ; il construisit le portail dessiné par. son prédécesseur, et il fit le dôme, les tourelles et les bâtiments qui environnent la cour au-devant de l’église, ainsi que la grille qui les sépare de la rue Saint-Jacques1 .

A partir de 1 6 5 B, il n’est plus question de Le Muet, dont la mort n’arriva qu’en 1669, époque où les travaux étaient terminés depuis longtemps.

Malgré ce qui vient d’ètre dit, n’oublions pas que les dispositions générales de l’église et du monastère, de François Mansart, furent respectées parles différents architectes qui lui succédèrent. Nous reviendrons sur les quelques modifications de détail que les plans primitifs eurent néanmoins à subir.

Pendant que s’élevait l’église du Val-de-Gràce, le chœur des religieuses avait été achevé, et les constructions du monastère étaient entreprises. La première pierre du cloître fut posée le 27 avril 1655, par Philippe de France, duc d’Or-

1. Dans cette cour a été placée, en 1850, la statue en bronze du baron Larrey, fondue en 1846; c’est l’une des œuvres les plus défectueuses du statuaire David d’Angers.

L’ÉGLISE ET LE MONASTÈRE

léans, sous le pilier de l’angle du côté des terres en labour dépendant des Capucins, c’est-à-dire celui situé au sud-est.

Une grande place demi-circulaire, avec une fontaine au milieu, avait été également projetée par Mansart en avant de la cour principale de l’église, de l’autre côté de la rue Saint-Jacques, ainsi que l’indiquent d’anciennes gravures; mais ce projet ne reçut jamais d’exécution. L’architecture des deux pavillons réunis par la grande grille d’entrée devait être reproduite tout autour de la place.

La frise au-dessus des pendentifs de la coupole n’existant pas encore en 1651, ce ne fut probablement que vers la fin des travaux qu’on y rapporta l’inscription suivante, en lettres de bronze doré, qui rappelle les sérieux obstacles qu’avait dû vaincre la fondatrice, dans l’origine, pour arriver à son but :

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