‹ L'Église et le trésor de ConquesChapitre 27 sur 40 · L'wurre de Limoges, pp · texte numérisé non relu

L'wurre de Limoges, pp

textes assez obscurs du Livre des Miracles, de la Chronique et des Bollfuidistes.

Après plusieurs examens minutieux des objets renfermés dans le coffre, et en particulier des ossements, deux docteurs médecins déclarèrent, le 20 septembre 1878, que ces derniers appartenaient à une même personne humaine, et que cette personne devait être une jeune lille de treize à quinze ans. Ce témoiguage, joint à celui des actes de sainte Foy, et à celui que fournissaient quelques phylactères trouvés aussi dans le coffre et portant le nom de la sainte, établissaient suffisamment qu'on se trouvait en présence de ses précieuses reliques, perdues de vue depuis près de trois siècles.

Cette constatation achevée, les ossements, attachés respectueusement sur une planchette recouverte de drap d'or, furent replacés dans le coffre. Au dessous de cette planchette, furent disposés les autres objets qu'on y avait trouvés, et parmi lesquels il suffit de signaler : de nombreux fragments de charbon; plusieurs objets d'or, roses, feuilles, boutons; des lapis-lazuli sertis dans des plaques d'or filigranées ; une aumônière ; des morceaux d'étoffes et de peaux; des fragments d'un vase en cristal de roche richement ornementé et d'une coupe en verre ciselé. Oa^ réserva pour le placer dans le riche reliquaire qui se' voit au dessus de l'autel « un grand voile de soie] damassée, ou du moins enrichi de dessins d'ornement, et portant 1 '" 44 de longueur, sur 98 centimètres de largeur. Le fond général est un dessinl d'ornement ton sur ton ; une bande remarquable de nuance bleue, portant 8 centimètres de largeur, ornej la partie inférieure de ce tissu; 24 aigles déployées!

allernent avec aulaiil de tours et de roses polj'lobes ' . »

Ce voile est roulé dans le cylindre horizontal de cristal terminé par deux édicules en bi'onze doré, que portent sur leurs é|)aules les quatre vierges nommées dans le (^anon de la messe : sainte Agathe, sainte Lucie, sainte Agnès et sainte Cécile. Ce reliquaire a été exécuté à Paris, par M. Poussielgue. C'est lui aussi qui a construit la châsse qui abrite aujourd hui le coH're en cuir. Le cadre est en bronze, et quatre glaces permettent de contempler ce qu elle renferme. Aux quatre angles, quatre statuettes de bronze représentent l'abbé Etienne, saint Dulcide, évêque d'Agen, l'abbé Odoh'ic et Mgr Bourret, qui résument l'histoire des translations des reliques de sainte Foy. La sainte, elle-même, portant les attributs de son martyre et la couronne de son triomphe, se lient debout au sommet du toit à quatre pentes qui surmonte la châsse. Enfin, sur toutes les parties métalliques, on a semé les pierres précieuses et les bijoux offerts par la générosité et la piété des fidèles, à qui Mgr Bourret avait fait appel pour la construction de cette œuvre artistique.

En même temps qu'on découvrait le coffre contenant le corps de sainte Foy, on trouvait, à côté, une pierre cubique percée d'une cavité recouverte par une autre jiierre qui la fermait exactement. Elle contenait, parmi des débris d'os gravé, de clous, de bois, de poussière et de jietits cailloux, des fragments d'ossements, dont aucun indice ne peut indiquer la provenance.

1. Procès-rerbaux... recueillis et coordonnés par Mgr Bourret, p. 38.

D'au ires fragments de toute sorte avaient été découverts, en 1866, dans un fût de colonne trouvé dans le massif du maître-autel.

VIi:r.GE-MKRE ASSISE llaul. : lt.3G.

Le fauteuil sur lequel est assise la Vierge est muni de bras ornés de boules côtelées, au dessous desquels sont repoussés des losanges contenant des fleurons et des fleurs de lis. Ces bras s'appuient sur un arc trilobé. A U base circulaire se voient deux

rangées de rinceaux. Au revers sont frappées des trémies; une porte s ouvre au milieu.

La Vierge porte un manteau et un voile sur lequel est posée une couronne dentelée et ornée de gemmes Les yeux, percés à jour, ont peut-être contenu autrefois des prunelles en émail ou en pierres précieuses. Sur l'épaule gauche, une agrafe est formée par un écu émaillé qui porte, sur fond d'azur, une tour crénelée avec courtine surmontée de deux croiseltes eu sautoir. C est la reproduction identique d un émail que nous avons remarqué sur la statue d'or de sainte Foy. L'Enfant, assis sur le genou gauche de la Vierge, bénit de la main droite et appuie la gauche sur un livre.

Cette statue, exécutée au xiii'' siècle, ou tout au plus à lextréme fin du xii", est formée de plaques d'argent adaptées sur une âme en bois. (Quelques •parties sont dorées.

Klle contient, réunis dans plusieurs étoffes enveloppées dans un seul drap d or, des fragments d'ossements et d'autres matières, dont la provenance n a pu être déterminée.

GKMELLIONS KT BASSINS

Les Gémellions étaient des l)assins qui allaient ordinairement par paires. L'un deux, généralement muni d'un bec, servait à verser sur les mains du prêtre de l'eau que 1 on recueillait dans l'autre. Plus tard, le premier bassin fut remplacé par l'aiguière. Ceux que nous avons sous les yeux servirent longtemps à recueillir dans 1 église les offrandes des

fidèles, et c'est ce qui explique leur état de conservation peu satisfaisant. Ils sont tous deux du xiii^ siècle.

Le premier (diam. : 0.22) a sur son ombilic circulaire l'écu de France : « d'azur aux fleurs de lis d'or sans nombre. » Il est entouré de rinceaux. Alentour, six arcs de cercle tangents à l'ombilic se terminent à leur intersection par des fleurs de lis et forment

autant de compartiments oii se trouvent trois musiciens et trois danseuses entourés de rinceaux. Figures et rinceaux sont réservés dans le cuivre rouge, qui se détache sur un fond d'émail bleu lapis et blanc. Sur le bord court une dentelure gravée.

Au revers, dans deux cercles concentriques, esl gravée une rosace à huit pointes qui se détache sur un fond pointillé.

Le second gémellion (diam. 0.24 a pour bordure un cordon dentelé. Son ombilic présente aussi l'écu aux armes de France, entouré de trois basilics rampants. Alentour, au milieu de rinceaux, six femmes

debout et vêtues de longues robes, soutiennent dix écus qui se répètent deux à deux et portent des armes de fantaisie : d'or au sautoir vivre de sable; — d'argent à la croix de gueules évidée et fichée, au chef de sable ; — d'or au lion rampant de gueules, armé et couronné de sable. Le fond est éniaillé de bleu, de vert et de blanc.

Au revers, un écu inscrit dans un cercle et entouré de fleurons contient une fleur de lis fleuronnée.

Les deux bassins en cuivre doré appartiennent, croyons-nous, au xvi^ siècle ^ . Ils ont au centre : l'un, un agneau pascal, au nimlie crucifère, tenant une bannière frappée diine croix ; l'autre une patère entourée de sortes de palmettes et de deux cercles concentriques de lettres gothiques sans aucun sens. Le premier porte aussi un cercle de lettres qui offrent, répétée plusieurs fois, la phrase : DER IN FRID GEHWART "lise pour DER IN FRIEDE GEHWART, qui signifie : Ceci en pai.r garde.

Cette même inscription se retrouve fréquemment sur des bassins analogues. La langue dans laquelle elle est écrite, la forme des lettres employées sur ces deux objets, et d'autres caractères particuliers, font croire qu'ils sont sortis des ateliers de Dinan ou de Nurenibera: ^.

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