‹ L'Église et le trésor de ConquesChapitre 6 sur 40 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

cales ; l'éloquent évêque de Rodez, et avec lui des prédicateurs renommés, célébrèrent les gloires de la jeune sainte. Sainte Foy elle-même voulut affirmer par de nombreux prodiges que sa puissance n'est pas diminuée auprès du Dieu pour lequel elle a versé son sang. Elle semblait heureuse de reprendre possession du sanctuaire oià, pendant tant de siècles, elle avait reçu les hommages des multitudes et répandu tant de grâces et de faveurs spirituelles et corporelles. Puissent ceux qui vont contempler le trésor de Conques ne pas oublier qu'aux yeux de la foi et qu'au regard de Dieu, les merveilles de l'art, si magnifiques et si admirables qu'elles soient, ne sont rien auprès des restes sans éclat qu'elles renferment ! Un jour viendra où ces derniers, ressuscites et glorieux, apparaîtront aux yeux de l'univers revêtus de robes brillantes et formeront le triomphal cortège de l'Agneau sans tache.

Pourlal lit' Counquos, Clouquié dé Roudez, CoQipoQO dé Meudé, Gleizo d'Alby.

La route qui conduit de Marcillac ' à Conques traverse des paysages d'aspect très varié. Elle suit d'abord la vallée du Créneau, dominée par des mamelons dont plusieurs sont couronnés de chapelles ou de châteaux en ruines. C'est ainsi qu on aperçoit les sanctuaires de N.-D. de Foncourieu, de Saint-Jeanle-Froid, et qu'on passe au dessous des ruines encore imposantes du château de Relcaire. La vallée, qui sest rétrécie insensiblement depuis Marcillac, s'élargit après \Xauviale jusqu'à Saint-Cyprien. C'est alors une plaine dune grande fertilité, sur laquelle s'ouvrent de tous côtés de riantes vallées.

1 . C'est à Marcillac. sur la ligne du chemin de fer de Capdenac à Rodez, que se trouve la station la plus rapprochée de Conques. Une voiture publique quotidienne relie les deu.x localités.

Le Créneau, que nous avons toujours aperçu depuis notre départ, se perd dans le Dourdou, dont nous allons maintenant suivre le cours. Encore un ou deux kilomètres à travers une nature luxuriante, et puis c'est le contraste le plus complet. Autant la vallée du Créneau était jolie et agréable, autant celle du Dourdou est sauvage et grandiose. Il n'y a place, entre les roches dénudées qui surplombent à droite et à gauche, que pour la route et le lit oii la rivière roule avec fracas ses eaux rougeâtres. La légende rapporte qu'à l'endroit oîi se trouve un moulin, les moines de Conques durent, au prix de travaux considérables, s'ouvrir un passage à travers la chaussée naturelle qui retenait les eaux de la rivière et en formait un lac.

Ce n'est qu'après avoir serpenté assez longtemps entre les deux hautes murailles schisteuses à travers lesquelles le Dourdou a péniblement tracé son sillon, qu'à un nouveau détour de la route, on aperçoit pour la première fois, à droite, le bourg de Conques. Bâti à mi-côte, il est dominé par les trois tours et la masse imposante de son église. Un peu au dessous, sur une pointe de rocher, une chapelle, autrefois dédiée à saint Roch, placée aujourd'hui sous le vocable de N.-D. de la Salette, s'élève à l'endroit où un château avait été bâti, qui, au xi® siècle, fut contre les moines de Conques un foyer d'attaques et de persécutions. En face, sur le flanc de la montagne qui se dresse sur l'autre rive du Dourdou, quatorze hautes croix indiquent les stations dun chemin de croix qui se termine à une modeste chapelle consacrée à sainte Foy. Elle est construite au dessus de la fontaine qui jaillit miraculeusement à

l'endroit où furent déposées les reliques de la sainte, lors de leur translation d'Agen à Conques. C'est là que les moines et les fidèles vinrent les chercher solennellement pour les transporter dans l'église.

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