‹ L'église et les églisesChapitre 11 sur 45 · MONTALEMDBBT. A'.s Moines d'Occident. T. I · texte numérisé non relu

MONTALEMDBBT. A'.s Moines d'Occident. T. I

que la vertu gênait, beaux esprits, critiques <[iii discutaient le dogme comme le reste. Ce sonl ces coteries frivoles et malcontentes, sans cesse à l'affût d'un prétexte pour dissimuler leur inconséquence, qui fournissaient aux novateurs une clientèle.

Elles furenl nombreuses, les hérésies, en ce temps-là. On avait renoncé à torturer les chrétiens, on s'acharnait à torturer la doctrine; et les populations, ahuries par l'âpreté de ces discussions subtiles et touffues, prenaient parfois le change. L'Arianisme eut en particulier, «huis la société chrétienne du i\" cl du ve siècle, une répercussion considérable, qui resterait inexplicable si on ne l'envisageait qu'au point de vue théologique '.

C'était une hérésie, à base rationaliste.

11 reprit fort habilement à son compte la théorie païenne de la suprématie du pouvoir civil qu'il renforçait d'une con-

1. A. de Hroulie, L'Église cl V Empire romain, T. I. p. 329; III, p. 303.

\'2 L'ÉGLisi; ET I ES ÉGLISES

sécration religieuse, et il entreprit de mettre le Christianisme à genoux devant César. Toute la raison de son succès, dans les milieux intellectuels el dans les sphères politiques, est là : l'appui intéressé qu'il recul du pouvoir fil toule sa fortune '.

L'Eglise, néanmoins, s'organisait, dans les cadres et sur les plans de l'Empire, juxtaposant ses institutions aux institutions de l'Etat, calquant ses divisions administratives sur les siennes. Sincèrement ralliée, elle s'adaptait au moule de celle civilisation romaine que l'on croyait d'ailleurs indestructible el éternelle "2. Car, de même que nous ne concevons pas. nous autres, que ce que nous appelons la civilisation moderne puisse; jamais disparaître sans que ce soil la lin de tout, et que nous sourions lorsqu'on nous parle du péril jaune, ou

1. Kurth, Origines de la Civil mod., T. I. p. 20C, 368. Ventura, La femme catholique, T. II, p. 65. —

2, l i.ii i ii.i.ikn. Ad Scapulamt I, Apolog., 32.

de l'évolution démocratique, les gens de ce temps-là se croyaient pour toujours les maîl res du monde.

— Son-; des dehors encore brillants de luxe, de frivolité, de plaisir, Rome pourtanl était usée, en pleine décadence, impuissante ;'i se défendre contre les barbares qui s'agitaient tumultueusement à ses portes.

Bientôt, sous la poussée des invasions, les frontières cèdenl depuis le Danube jusqu'au Rhin ; elles crèvent, et c'esl alors, une chevauchée affolante de races farouches, incultes, intrépides qui s'abattent sur l'Empire, ravagent les province-, s'avancent jusqu'à Rome, poussées les unes par lesautres, et talonnées toutes pur les hordes bestiales d'Attila ' que précède l'épouvante et qui (minent après elles la dévastation ; enr les Huns n'étaient que des sauvages ; et, pour les écraser, dans les plaines de Châlons, puis à Mauriac les barbares tirent cause

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