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Kiurii, Origine de la Ciuilis. mod., T. I, p

commune avec les légions romaines d'Aétius (451).

Tous ces nouveaux venus se mêlent, se heurtent, se lassent, s'installent sur les terres conquises.

Est-ce un autre monde qui va surgir à côté, au milieu, à la place de ce monde romain impuissant à revivre, ou bien n'est-ce qu'une mauvaise passe dont l'Empire se tirera ?

De loin, après coup, ces problèmes, décantés par l'histoire, mis au point, condensés et dégagés des contingences, se résolvent aisément ; mais, sur le théâtre même des événements, au jour le jour, la solution en est autrement laborieuse pour les contemporains. La société romaine, réfractaire cl boudeuse, n'y vit pas clair : l'idée ne lui vint pas qu'elle avait fait son temps et que ces barbares tant méprisés la supplante* raient demain.

L'Eglise, plus clairvoyante, eut le pressentiment que tout allait changer, que ces bouleversements cachaient quel-

dans l'histoire T»

que mystérieux dessein et que la Providence, en provoquant ces gigantesques mobilisations de races neuves, les faisait entrer de plein-pied dans l'histoire. Elle comprit que le christianisme, religion de l'humanité, n'était solidaire d'aucun peuple ; que s'il avait pu, en passant, s'appuyer sur l'Empire, il ne pouvait être longtemps prisonnier d'un régime, d'une politique ou d'une époque : el que, par conséquent, l'heure était venue de divorcer avec l'Empire, comme elle avait divorcé jadis avec Israël.

Les Évêques ne s'attardèrent donc point à pleurer sur les ruines. En politiques avisés el hardis, ils allèrent résolument au devant de l'avenir. Ils lendirent la main aux barbares pour les introduire, comme une sève jeune et vigoureuse, dans l'organisme épuisé du vieux monde el refaire avec eux une société nouvelle.

C'est à Reims, que cette évolution géniale de l'Efflise au v° siècle, a trouvé son pivot et son moteur, en la personne

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de S. Rémi. Le baptême de Clovis en marqua le point de départ.

— La tâche était grosse. Il y fallut du temps. Ce fui l'œuvre patiente du clergé, puis «1rs moines l.

La terre étail inculte comme les intelligences. Les moinesonl reconquis le sol en défrichant la forêt, la lande, les marécages, pour ramener les populations au travail des champs. Ils onl réagi, par les austères leçons du régime monastique, en pauvreté, chasteté, obéissance, contre la corruption et la brutalité des moeurs. Ils onl instauré le règne du Droit el de l'Equité dans la conscience de ces rmlcs soldats, qui ne s'étaient jamais inclinés que devanl la Force. Ils onl relevé les ruines : et, si féconde fut leur initiative, si intense leurefforl que l'empreinte en esl restée visible partout :

plus du quart des villes el des bourgades de France, de Belgique, d'Italie,

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