Cf Correspondant, T. XI. VI. p
on a peine à comprendre que l'Islam n'ait pas sombré depuis longtemps dans l'oubli, l'indifférence ou le mépris.
Point n'est besoin pourtant d'aller chercher très loin les raisons de celte survivance; et, elles sont telles, qu'au lieu de témoigner en faveur de l'Institution, elles la condamnent.
L'Islam est apparu et il s'est imposé aux Arabes, avec l'autorité etla séduction d'une grande idée politiqueetreligieu.se.
Les Princes eurent intérêt à le soutenir parce qu'il leur mettait en main, par la concentration des deux pouvoirs, un merveilleux instrument de domination.
Dans les régions catholiques de l'Asie et de l'Afrique, l'Arianisme, en niant la divinité de Jésus-Christ, avait préparé les esprits à la prédication de l'Islam. Ces chrétientés, éloignées du centre, étaient ravagées par l'ignorance; et, celles que n'avail pas contaminées l'Arianisme, offraient elles-mêmes peu de résistance à la propagande musulmane. Enfin, les populations étaient à tel point exaspérées
par la tyrannie Lracassière des empereurs de Byzance qu'elles considérèrent la conquête arabe comme une libération.
De plus, l'Islam est la religion sanglante par excellence. Il s'est propagé el maintenu à coups de sabre. Ses apôtres ne furent pas des martyrs, mais des bourreaux, et la fameuse formule : « Crois ou meurs! » simplifiait singulièrement les méthodes de recrutement '.
D'autre part, il apportait aux races orientales, qui sont, par tempérament, mystiques, paresseuses cl sensuelles, une dogmatique très simplifiée, une morale aisée sans contrainte; et, ce dosage savant de dévotion et de volupté, qui satisfait enmêmetemps l'esprit et les sens, qui
1. Il y a bien çà el là, dans l<- Koran, quelques maximes de tolérance. Mai- on ne sait point assez que certains versets, et, principalement ceux là. que les apologistes de l'Islam aiment à mettre en avant, sont déclarés pratiquement alun gés el Hun avenus par les commentateurs musulmans. A. Vellard, Doctrine de l'abrotjeunl el de l'abrogé. — Le Koran, IXe Sourate (la dernière en date, testament de Mahomet «M. passim.
106 L'ÉGLISE ET F.lîs ÉGLISES
permet d'installer le harem h l'ombre de la mosquée, suffisait à les séduire,
Pour les Arabes »! u vif siècle, si ou uppose idolâtres, l'Islam était apparemment un progrès, au moins doctrinal : il les sortait du paganisme sans leur demander aucun sacrifice du côté des mœurs.
Aujourd'hui, on prétend qu'il est encore un progrès pour les peuplades nègres de l'Afrique cl des îles indiennes : il est surtout un fléau parce qu'il leur barre la route a mi-chemin et les arrête au seuil du catholicisme, sous les yeux des missionnaires.
Oserais-je dire, puisque l'Islam autrefois s'est avancé dans les Gaules jusqu'à la Loire, oserais-je dire, que l'enseignement doctrinal de l'Islam, qui fait pénétrer si profondément dans l'âme despetits musulmans, l'idée de Dieu, le respect de Dieu, sérail un réel progrès pour nos pauvres enfants de l'école laïque, chez < 1 1 1 i on éteinl systématiquement toute notion de la divinité !
It.WS L'HISTOIRE 107
Connue un grand fleuve boueux, qui charrie des paillettes d'or, l'Islam ne vaut que pour autan! qu'il reflète la Bible; et, 6 ce titre, il a un certain prestige sur les races inférieures el parmi les populalions peu cultivées. Mais, de sa nature, il esl stérile. 11 a eu dans tous les pays de civilisation chrétienne une influence déprimante. Il a marqué un temps d'arrêt dans le progrès, un recul dans le mouvement intellectuel. Il nes'esl affirmé nulle part comme une semence de vie. Il n'a su traîner après lui qu'une somnolence lourde, malsaine, mortelle4.
1. Tièle, Manuel <le* religions, p. 1 r>. Etienne I.amv. La France du Levant, Livre I. — A notre époque, l'Islam gagne du terrain, non-seulement en Afrique et aux [ndes, mais en Chine, où une évaluation minutieuse et plutôt modérée indiquait en 1897, 30 millions d'indigènes musulmans. Le Nouveau Larousse va jusqu'à 50 million-.
Dans les provinces russes du Caucase, jadis musulmanes et converties de forcée l'orthodoxie, il se fait une propagande intense «'I les retours à l'Islam se chiffrent par millions. Cf. Revue de PIslam, n. 21, p. 113-15. — II. Levantin, L'Islam en Chine. [Revue de l'Orient chrétien, 1901, n. 2, p. 249). — Znamensei, Revue de rOrienl chrétien. 1901, n. 1,
Il garde Jérusalem, l'autre ville éternelle, car il y en a deux, représentatives chacune d'une religion. Rome, dans sa puissante et inépuisable vitalité, es! immuable : rien ne l'entame. Jérusalem n'est qu'immobile, engourdie, elle n'agit plus !
Or, si les fruits sont tels, c'est que l'arbre est mauvais : « a friiclibus eorum cognoscetis eos » * .
Les Églises d'Orient. — A l'inverse de l'Islamisme, le schisme d'Orient a couvé longtemps avant d'éclater. On le sent venir de 1res loin. 11 n'y aurait pas grande exagération à en faire remonter la toute première cause à Constantin.
p. 193. — \ \-n. m k Le Mahomèlisme en Chine et dans le Turheslnn. — Colonel de Polignac, France et Islamisme. — Caiu DE Y.wx. L'Islam au XIX' siècle, Cf. Un siècle, T. III. p. 58).