‹ L'église et les églisesChapitre 32 sur 45 · Joan. XV, 2,6. — 2. P. Michel. L'Orient et · texte numérisé non relu

Joan. XV, 2,6. — 2. P. Michel. L'Orient et

Rome, p. 50, 7V.'. SOLOVIEF. La Russie cl iliijlise universelle, p. 30, 16. Revue de l'Orienl chrétien. Les Églises orientales et le Protestantisme, 1900, n° I, p. 506. 1901, n° 3, i>. 4(ï>.

nclle du Cardinal Langénieux, Légat du Saint-Siège, en Orient, il faut connaître l'étal actuel des Églises orientales.

Sous la domination turque, après la prise de Constantinople parMahomcl II, en 1453, les patriarches étaient devenus chefs civils de leurs chrétientés, représentants officiels deleurnation, avec des pouvoirs correspond;! n Is à ceux des Pachas vis-à-vis des populations musulmanes l .

.le dis les /J<ih-i(ii-ches, car il y avait quelques schismes plus anciens, jacobite, syrien, copte, arménien, débris des hérésies de Nestorius et d'Eutychès, au \ siècle, qui oe s'étaient pas ralliés aux conciles d'Ephèse (431) et de Ghalcédoine 151 -.

Cel embrigadement des Patriarches dans l'administration du Sultan était assurémeni nue lourde servitude8, mais

1. limite ii<- FOrienl chrétien, I ann. n» 2, i>. 130, 134. — 2. C'esl par opposition ;'i ces hérésies du V siècle donl il- s'étaient garée que les Grecs de Conslanlinople ont |>iis le nom d'Orthodoxes. — :;. Aucun patriarche ou évéque ne peul exercer

i» ins l'histoire 1 19

un appui aussi : car, ce n'esl pas seulement l'autonomie religieuse qui repose sur l.i liturgie, c'esl L'autonomie politique via ;'i vis de l'État.

Les groupements indigènes, les n;itionalités, là-bas, ne correspondent pas à des divisions territoriales, mais aux formes liturgiques, à la religion, au rite. ( >n n'est pas, au civil, grec, copte, arménien, parce qu'on habite telle ou telle contrée, mais parce qu'on esl de religion que, copte ou arménienne. Et. comme le rue esl le signe distinctif des multiples églises chrétiennes d'Orient, le rite, la nationalité, la race, c'esl une seule el même chose.

De là, indépendamment de leur valeur documentaire et de ce qu'ils ont de vénérable par leur antiquité, l'extrême importance d«'s rites orientaux.

son ministère religieux sans l'investiture du Sultan. Il~ restent fonctionnaires, toujours surveillés, souvenl suspectés, paralysés de toute façon dans leur mission apostolique <iuii- ne parviennent pas toujours à concilier avec leurs obligations ris à vis >1l- l'Etat.

Aux xvne et xviiie siècles, des retours partiels à l'unité fractionnèrent en deux la plupart de ces églises ; et, plus lard, le sultan conféra aux Patriarches unis les mêmes pouvoirs qu'aux autres.

En sorte que, aujourd'hui, sauf chez les Maronites du Liban qui, d'après leurs traditions, n'auraient jamais été séparés de Home, il va en présence dans chaque rite, un groupe schismatique et un groupe catholique : grecs schismaliques et grecs catholiques, arméniens catholiques et arméniens schismatiques, etc., ' aussi intéressés les uns que les autres à la conservation du rite: car, c'est non seulement pour eux une question religieuse et une affaire de conscience, mais une question de race, une affaire politique.

Or, ;ui siècle dernier, après la guerre de Crimée surtout, les Ordres religieux, les nôtres d'abord, puis les autres, ont

Page 1