Nicolay, Histoire des croyances, T. I, p
En 1872, le synode général de l'Église réformée de France avait essayé d'étouffer ces germes de schisme, en arrêtant une déclaration de foi qui se limiterait aux dogmes essentiels correspondant aux solennités de Noël, de Pâques, de l'Ascension et de la Pentecôte. Les conservateurs l'emportèrent, mais les libéraux n'y voulurent point souscrire.
A Reims, la môme question fut très vivement discutée. Les jeunes, les dissidents, se réclamèrent, avec beaucoup de logique, du principe même de la Réforme. Ils protestèrent, au nom du libre examen, contre toute formule dogmatique obligatoire. On ne put leur opposer que des raisons de convenance et d'opportunité.
Ils acceptaient de conserver les fêtes en question el de les célébrer encore, pour ne pas déconcerter le peuple, mais sans qu'on exigeât d'eux une profession de loi explicite aux mystères qu'elles représentent.
Au synode de Montpellier, il semble bien que les orthodoxes n'aient ajourné
ta fa laie échéance qu'au prix d'une grosse concession ; car, la formule transaction* nelle, votée seulemenl par 63 voix contre 24, comporte des restrictions qui en atténuent singulièrement la portée. On se contente de l'insertion pure et simple de la Déclaration de foi de 1872 dans les statuts de chaque église, et l'on ajoute: « Qu'il est bien entendu que celle insertion n'entraîne pas, /tour les membres de l'rnlise, l'adhésion explicite exigée des seuls pasteurs; et qu'elle indique seulemenl que lu foi proclamée par lu Déclaration est lu foi île l'église que chaque membre désire posséder de /dus en /dus, sans quil lui s(dl demandé d'en rendre compte publiquement ».
Les assemblées tenues à Orléans, à Jarnac, à Paris, en 1906, sont loin d'avoir rapproché les partis.
Ces faits sont significatifs.
Les tries du parti s'inquiètent et ne cherchent même plus à dissimuler cette faillite de la Réforme1, qui d'ailleurs