Dr Kwf.r. /.« non-réussite du Protestantisme
ne ramène pas les esprits vers Rouie.
mais les entraîne au rationalisme et à la Libre Pensée.
— Tout récemment une série d'articles, parus clans une revue protestante, l'A lie Glaube, nous apportait encore quelques échos de ces préoccupations :
« Je rois V Eglise éuangélique d'Allemagne, écrit le pasteur Stocker, menacée des plus grands dangers. Elle esl le jouet d'erreurs terribles que, vu son état actuel, elle esl incapable de combattre. Les puissances ennemies de V Eglise éuangélique, qu'elles soient religieuses comme Home ou irréligieuses comme la libre-pensée, le judaïsme et la démocratie sociale, vont toujours croissant ; le protestantisme, lui. n'est jxts au bout de ses maux arec ses discussions doclri-
p. 302, — D' BRUCHUER. Trois conférences, sur l'état présent de F Église. (Jaspahin. L'agonie du Protestantisme. ScHERBR. Mélanges de critique religieuse, p. 1 r.r» Steeg, ••it<' par Bougaud. L'Eglise. p. 329 .Le Crépuscule du Luthéranisme. Cf. Correspondant <lu 25 janvier r.»'»7, p. 296. db Bboque, Essai de solution des difficultés du Protestantisme contemporain.
unies, son seruilisme envers le pouvoir civil, son manque de liberté et d'énergie » '.
Si les choses continuent d'aller du train qu'elles vont, dit le pasteur Schenk, c'est la dissolution complète de noire église évangélique -.
Puis, c'esl Wolf, dans sa brochure :
« La ruine imminente de l'Eglise évangélique en Allemagne », qui avoue que : b lu rie intérieure de foi incline de /dus en plus vers su ruine et une le danger mortel, c'esl une espèce de protestantisme qui non seulement combat toute uuloritè humaine et toute discipline ecclésiastique, mais aussi l'autorité de lu révélation divine, de la doctrine et de la personne de Jésus-Christ ». Et l'auteur de celle étude en conclut que si cet esprit de rationalisme arrive à prévaloir, comme tout lefail appréhender, l'Eglise catholique resterait la seule église chrétienne : qu'elle serait seule à proclamer
1. Stobker, Peuple éuangélique, veille .' ?. Schenck, Frohe Botschaft.
154 L'ÉGLISE ET LliS ÉGLISES
et à défendre la vérité de la Bible, la foi positive et l'autorité : que ee serait alors son triomphe assuré.
Ce mauvais son de cloche inquiète, à bon droit, les âmes religieuses de l'église réformée en Allemagne.
— Le clergé anglican, fortement entamé par les idées philosophiques du xviu0 siècle, était tombé, lui aussi, très bas. L'exemple et le contact des 11.000 prêtres français réfugiés et si généreusement accueillis en Angleterre pendant la révolution, furent un coup dé fouet '.
Quelques esprits d'élite, frappés de l'impuissance et de l'infériorité de leur église,, entreprirent de la régénérer. Ce mouvement, connu sous le nom de mouvement d'( ).\!'<>nl. a eu ses historien
L'Eglise anglicane ne peut pas se con-
1. il. Mailkaiï. Déportation i / exil du clergé français pendant la Révolution, \>. 'il. — Bai kard. In eiècle. p. 121.
■' Mu im.m |iui.i\. /.</ Renaissance catholique en Angleterre nu XIX' siècle. — Guibbbt. Le réveil du catholicisme en Angleterre. — N«wman. Histoire de mes opinions religieuses. Passim. Append. p. 136.
dans l'histoire 155
fondre avec la Réforme Luthérienne.
Elle a une autre histoire, cl même, d'autres principes. Elle fui autrement conservatrice.
Au fond, elle aboutissail aux mômes résultats négatifs : car, qu'on fuie j »;• r une voie ou par une autre, à mesure qu'un s'éloigne du foyer, c'esl le refroidissement et puis la mort.
Mais, loul de même, s'il parait difficile que l'étude des origines en Allemagne ne révolte pas une conscience impartiale, on conçoil plus aisément que l'examen loyal du problème religieux en Angleterre puisse laisser en paix une Ame de de lionne foi.
Aussi Newman n'est-il pas venu loul de suite à l'abjuration ; Pusey n'y vint jamais. Newman a cru longtemps que les défectuosités de son église n'étaient pas radicales et qu'on pouvait \ remédier : Pusey l'a cru jusqu'à latin.
Et tous deux également sincères, l'un qui sortit du schisme, l'autre qui y resta, furent les initiateurs de ce qu'on a appelé
la Renaissance catholique en Angleterre.
La conversion de Newman fit une profonde impression. Elle fut suivie d'autres retours sensationnels : Faber, Manning, Spencer et d'autres.
Elle posa la question de l'union ; et, pour beaucoup, la poser ainsi en pleine lumière, en la dégageant des ignorances, des préjugés, des partis-pris, c'était la résoudre.
Pusey, concentrant tous ses elTorts sur le relèvement de l'Eglise anglicane, la rapprochait, tous les jours davantage, du catholicisme. Rien ne l'arrêta, ni les résistances, ni les hostilités. Lesattaques qu'il subit ne firent que provoquer de nouveaux éclaircissements.
Pour donner satisfaction aux besoins religieux des âmes, il reprit l'une après l'autre les pratiques cultuelles abandoni.i.ii parce qu'elles étaienl catholiques, mais parce qu'il les estimaitnésaires el fécondes.
Le Puseysme engendra le Ritualisme
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el la Haute église, dont la croyance et les rites se confondent tellement avec la doctrine et la liturgie romaines, qu'à l'œil on s'y méprend.
C.'csl comme un poste avancé sur la route de Rome, qui n'est pas encore de la zone romaine, mais qui n'est déjà plus en territoire anglican. C'est le porche de l'Église catholique ; et, ceux qui arrivent jusque-là, un peu plus tôt, un peu plus tard, frappent à la porte et demandent à entrer.
— En 1850, le rétablissement de la hiérarchie catholiqueen Angleterre avait ramené l'attention sur la très délicate question' des ordinations anglicanes, d'autant plus brûlante que le mouvement parallèle du Puseysme multipliait les similitudes avec Home : « Que vaut notre Messe ? Nos prêtres ont-ils le sacerdoce de Jésus-Christ ? Nos Evêques remontent-ils aux Apôtres ? »
( >n pressent il la pensée du Saint-Siège, laissanl entendre que si le Pape consentait seulement à considérer la question
Ib8 i.'i«.i tss i i i es i -.1 rsi 9
comme douteuse, les bvêques se prêteraient ;i une revalidation qui sérail un premier pas vers l'union, lundis qu'au contraire une condamnation serait une catastrophe.
Léon \lll accepta de remettre loutc la question à l'étude. 11 nomma, en 1896, une commission très indépendante dont 1rs Chefs de l'Eglise anglicane reconnurenl la oompétence el l'impartialité.
« Quel courage <l<ai avoir un Pape, écrivait M. Gladstone, dans la Revue anglo-romaine, à quel point doit-il s'élever au-dessus des violents orages deVes*
prit de parti, pour que, dans un esprit et avec un désir de paix, il prenne une aussi paternelle altitude ! » 1
Le tribunal déclara, pour des raisons théologiques qu'il sérail Irop long de
préciser ici, <|ii il n'élail pas possible
de reconnaître la validité des ordinations anglicanes.
1 Cl Revue Anglo Romaine. Mal 1896. I dinalion» angllcana,
dans l'histoire 159
L'émotion el la déception furent profondes ''ii Angleterre.
Il y eut de violentes récriminations, de la part des esprits passionnés, contre l'intransigeance de la Papauté, Mais, dans les milieux plus câlines, celle fermeté inébranlable de principe, ce refus de biaiser en face d'avantages considérables, cette affirmation nette de l'autorité, tout cela impressionna favorablemenl le caractère anglais, et, jamais on ne vil plus de conversions que dans les années qui suivirent * .
El <•'• a'eal point assez, de les compter, ces conversions, il faut les peser et les comparer. Cela encore, devrait ouvrir les yeux aux protestants.
Ces! l'élite qui revient à nous, au prix parfois de sacrifices héroïques; dix mille retours par an, en moyenne.
Le Protestantisme nous donne ce qu'il a de meilleur.
Il nous prend nos rebuts, nos déchets,