I. Cor. II. i : Ml, XIV. Hebr. II. I
ni des motions irrésistibles <|ui déterminent chacun de ses actes. Il ne s'agil pas de révélation habituelle, ni d'inspiration proprement dite : mais, surtout, d'une assistance négative qui préserve de Terreur plutôt qu'elle n'impose la vérité.
( '.V>l une œuvre en collaboration. L'ouvrier apostolique apporte son initiative, ses études, son travail ; Dieu surveille, seconde au jour le jour, soutient toujours, plus fort dans les passes difficiles, el redresse quand il y a lieu, comme une mère qui donne la main à son curant : l'enfanl ;i l'impression qu'il marche toul seul, el il marche ; mais, sans cel appui, il tomberait, il s'égarerait. Assistance délicate qui, loin d'effacer l'effort de l'homme, se cache au contraire discrètement par dessous ; si bien qu'au premier aspect, l'Eglise chemine à travers les événements dune allure toute humaine ; elle cherche, elle hésite, elle n'avance que d'un pas grave qui parait timide ; et, ce n'est qu'après coup, à la longue, lorsqu'on mesure l'étape fournie,
l/ÊGLISE ET LES ÉGLISES DANS L'HISTOIRK. — 2.
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l'obstacle franchi, que Ton discerne dans l'évolution progressive de l'Eglise, avec moins de relief peut-être que sous l'ancienne Loi, mais très nette el sans qu'on puisse s'y méprendre, la marque divine <lc la Providence.
I ii jeu complexe de lumière etd'ombre, <l<'s crises terribles, des luttes, des fléchissements momentanés qui déconcertent, des tribulations sans nombre, à peine coupées, de loin en loin, par quelquesrépils, puis des triomphes soudains, inattendus qui la poussent en avant :
Voilà toute sou histoire !
Vingl fois, ou ;i cru qu'elle allai! défaillir épuisée, s'effondrer avec une époque finie, avec mie civilisation <|ui tombai! : \ ingl l'ois, elle s'esl relevée, souple, \ igoureu ■. rajeunie par l'épreuve pour faire face à Va\ enir, prête à tendre la main au siècle nom eau, comme si, née d'hier, clleélail faite pour lui. Le temps <pii n- e loul, la respecte. Elle dure sans \ ieillir.
— Maintenanl qu'elle nous a dit ce
qu'elle esl el ce qu'elle compte l'aire, voyons-la à l'œuvre.
Elle faillit mourir dans son berceau, non du fait <ie la persécution juive, niais étouffée dans les langes «lu Judaïsme.
Les Apôtres élaicnl des Juifs ; ils avaient l'âmejuive, la mentalité d'Israël : « race élue, peuple choisi, instrumentée l'efforl messianique, elc., etc.. Les Pharisiens, les Docteurs de la loi, les Sanhédrites, loul ce monde officiel qui s'esl insurgé contre Jésus, a trahi la Cause: il est répudié : il n'a plus ni autorité ni mission : mais le peuple juif survit ei il reste toujours le Peuple de Dieu. De précurseur, il va devenir apôtre : après avoir préparé la Rédemption, il la continuera : seulement, il y a un autre sacerdoce substitué par Jésus au sacerdoce mosaïque indigne et déchu : et, désormais, ils sont, eux, les prêtres, les I Ihefs du Peuple de Dieu ».
11 n'y a pas de cassure ; ton I se tient : le Nouveau Testament se rattache à l'Ancien ; l'Evangile n'es! qu'un développe-
ment, une épuration de la Loi; le Christianisme plonge ses racines dans la synagogue : l'Église n'est que la suite logique, l'aboutissement normal, le prolongement de la religion d'Israël.
Les Apôtres l'entendaient ainsi, sans perdre de vue pour cela leur mandat :
■ Enn Ifs docete omnes génies ! ' »
Il n'y eul pas méprise sur le but, mais tâtonnement dans le procédé.
Jésus s'esl donné d'abord ;'i ><>n Peuple; il esl lils d'Abraham, l'hôte sinon le prisonnier d'Israël. Israël n'hésite plus à ouvrir aux étrangers la porte de -;i maison, mais il ne conçoit pas qu'on puisse entrer dans l'Eglise de Jésus sans passer par la synagogue : c'est-à-dire que, bous prétexte que cette antique institution du Judaïsme ;i été, en l'ail, le vestibule du Christianisme, il prétend imposer ;'i tous ceux qui ne sonl pas Juifsderaceel qui veulent devenir chrétiens, de •' r au Peuple de I >ieu