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tagées entre la piété, les devoirs de sa charge et l'étude. Avant ses audiences quotidiennes, il se livrait pendant des heures entières à la lecture des Pères; après ses repas, il réunissait dans sa bibliothèque les lettrés de son entourage et engageait avec eux de doctes conversations sur des questions théologiques, philosophiques et littéraires. « Il lut ainsi tous les poètes, les orateurs et les philosophes *. » Le soir, jusqu'à une heure avancée de la nuit, il retournait à l'étude des Pères de l'Église ou de moralistes païens tels que Sénèque. Il conserva jusqu'à sa mort ces habitudes studieuses, ne passant aucun jour sans écrire ni lire. Aussi laissa-t-il plusieurs écrits qu'énumère Ciacconius. Outre une nombreuse correspondance échangée soit avec des humanistes, comme Filelfe, soit avec des religieux tels que le général de l'Observance franciscaine, saint Jean de Capistran, outre plusieurs discours prononcés en d'importantes circonstances, il a laissé des mémoires sur plusieurs questions politiques, ses traités sur « le mépris du monde » et sur « l'art de bien mourir ». Ce dernier était écrit dans cette langue italienne qu'il maniait aussi bien que la latine.
Les humanistes les plus éminents se groupaient autour de lui comme autour de leur maître. Dans son entourage nous retrouvons à la fois des écrivains déjà illustres dans la république des lettres et déjeunes débutants qui aspiraient à s'y faire une place au premier rang. Le secrétaire apostolique Blondus de Forli se consolait auprès de lui de la défaveur qu'il trouvait auprès de Nicolas V. A peine âgé de vingthuit ans, le cardinal avait fait la connaissance de Filelfe,