‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 109 sur 153 · ClACCONIUSf II · texte numérisé non relu

ClACCONIUSf II

lorsque, en 1428, il conduisait contre Bologne révoltée les troupes pontificales. Il avait mis tout en œuvre pour maintenir le célèbre professeur dans cette ville d'où la guerre civile le chassait. Il n'y avait pas réussi , mais dès lors des relations amicales et une correspon dance littéraire s'étaient établies entre eux. Selon son habitude, Filelfe battit monnaie avec cette amitié : le 5 novembre 1454, il remerciait Capranica de tous les . bienfaits qu'il avait reçus de lui depuis leur première rencontre sous les murs de Bologne * .

Le palais Capranica, dit Ciacconius, était comme une pépinière où grandissaient dans l'amour de l'étude de jeunes intelligences appelées à jeter un vif éclat sur la seconde moitié du siècle. Citons au premier rang iEneas Silvius Piccolomini, le futur pape Pie II ; en 1432, il fit, sous la protection de Capranica, ses premiers pas dans cette brillante carrière qui devait le conduire au trône apostolique. Cette année-là, en effet, le cardinal passait par Sienne, se rendant au concile de Bâle, lorsqu'on lui signala un jeune homme de vingtsix ans, pauvre mais intelligent et énergique, comme ces étudiants auxquels sa protection était toujours acquise. C'était iEneas Silvius Piccolomini qui, après avoir suivi à Florence les leçons de Filelfe et s'être adonné avec passion aux littératures antiques, étudiait, par ordre de son père, le droit. Capranica fit de ce jeune lettré son secrétaire et, l'emmenant avec lui au concile de Bâle, lui donna l'occasion de produire sur un grand théâtre les talents d'orateur et de diplomate dont il était si brillamment doué.

Ce fut sans doute auprès de Capranica qu'iEneas fit la connaissance d'un autre humaniste que, devenu

i. Ep., XII, p. 88.

pape, il devait faire entrer dans le Sacré-Collège, et même, par une sorte d'adoption, dans sa propre famille, le Lucquois Jacques Ammanati, plus tard cardinal évêque de Pavie. Amico Agnili d'Aquila fut aussi le commensal du cardinal de Ferme. Lorsque Eugène IV voulut donner un précepteur à son neveu, le futur Paul II, il s'adressa à Capranica et celui-ci lui proposa Agnili^. On pourrait allonger cette énumération; mais les noms d'iEneas, d' Ammanati, d' Agnili et de Blondus nous disent assez l'influence qu'exerça Capranica sur la vie littéraire de Rome au XV® siècle. Il en fut de même de son collègue de promotion Prosper Colonna, cardinal diacre de Saint-Georges au Vélabreet neveu de Martin V. Dans ses Commentaires, Pie II le désigne comme un « amateur des lettres, litterarum cultor ^ » ; et dans sa Roma instaurata^ Blondus de Forlî nous décrit en ces termes la résidence que le cardinal s'était aménagée sur les pentes de l'Esquilin, à l'emplacement des jardins de Mécène. « Incolit ea hortorum Maecenatis aedificia et quantum opes suppetunt, instaurât qïïqv summus nostri sœculi Mœce^ nas, summœ humanitatis liber alitatisque 9ir et studiorum humanitatisque apprime doc tus, cultorumque amantissimusy Prosper Columnensis, Sanctae RomansB Ecclesiae cardinalis, adeoque in purgando et instaurando illis in aedibus profecit, ut subjectae montis Exquiliarum radicibus areae et incipientis ab ea in summam œdium partem ascensus pavimenta marmoreis varii coloris texellis compacti visuntur^. » C'est dans cette résidence de patricien ou dans ses villas d'Ardée, de Nettuno et de Nemi que Prosper Colonna vivait au

1. Paul n devait nommer cardinal son ancien précepteur. 3. Cilé par Ciaccomus, II, 863.

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