‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 11 sur 153 · EflRLE · texte numérisé non relu

EflRLE

très pour les décorera » Les objets d'art qu'à l'occasion de son couronnement il avait fait venir du trésor pontifical, conservé à Pérouse, ceux qui lui étaient fournis par les palais épiscopaux et les résidences seigneuriales où il s'arrêtait, formaient pour lui et pour sa cour un luxe disparate et d'occasion. Les comptes de son pontificat ne mentionnent presque aucune dépense pour l'art; tout au plus quelques pièces d'orfèvrerie commandées à un Siennois, un petit nombre de bijoux, de tentures et d'étoffes apportés par des marchands toscans. Les artistes que Boniface VIII avait attachés à sa personne émigrèrent en d'autres cours. Cavallini mit son art au service des Angevins de Naples, Giotto retourna à Florence, les sculpteurs et les mosaïstes se rencontrèrent dans la grande entreprise de la cathédrale d'Orvieto ; et ainsi se dispersa cette école romaine qui s'était lentement formée au cours du XIIP siècle et qui avait reçu de Giotto et d'Arnolfo les premiers rayons de la Renaissance. La bibliothèque apostolique fut arrêtée dans son développement; elle fut mise pour ainsi dire en consigne à Pérouse avec le trésor ; l'inventaire qu'en fit faire Clément V en 1311, ne mentionnait guère que des livres antérieurs à son pontificat. Le pape ne fit que disperser en divers cadeaux les volumes qu'il avait fait venir de Pérouse. Aussi a-t-on pu dire que c'est seulement au pontificat de Jean XXII qu'il faut faire commencer les premières origines de la bibliothèque apostolique d'Avignon 2.

4. Faucon, Lei arts à la cour d'Avignon sous Clément V et Jean XXII. {Mélanges, 1884, p. 122.) 2. EURLÏ, op, cit., I, 133.

Page 1