‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 112 sur 153 · TiRABOSCHI, VI, U · texte numérisé non relu

TiRABOSCHI, VI, U

3. Platina, Vie de Paul II, — Giorn. slor. délia lett, ital., XVI, 28.

latin ne lui était pas facile. Ses panégyristes euxmêmes, tels que Gaspard del Verme, nous apprennent que la littérature ne lui plaisait guère et qu'il faisait ses lectures soit dans l'Écriture Sainte, soit dans les livres d'histoire et de droit pontifical * .

Toutefois le neveu d'un pape, un cardinal" de l'Église romaine ne pouvait pas se désintéresser du mouvement littéraire de son temps; en raison de sa qualité beaucoup plus peut-être que par goût, Pierre Barbo, devenu cardinal en 1440, se fit lui aussi le protecteur de Ihumanisme. Il eut sa bibliothèque fournie de précieux manuscrits qu'il prêtait aux gens de lettres. Riche et doté de beaux bénéfices, il voulut être généreux et dès qu'ils connurent cette disposition de son esprit, les humanistes lui firent une cour aussi assidue qu'intéressée. Pouvaient-ils faire moins pour un cardinal leur déclarant « qu'ils pouvaient tout espérer de lui^ ». Filelfe qui recueillit cette parole ne l'oublia jamais : soit par ses lettres, soit par son fils Xénophon, qu'il avait établi à Rome, pour lui servir en quelque sorte de représentant de commerce, il mit largement à contribution la générosité du cardinal.

C'était plutôt aux arts que Barbo portait un réel intérêt : ils flattaient mieux l'amour du faste qui fut toujours la principale passion de ce patricien de Venise. Il avait un goût très vif pour les pierreries, les camées et les médailles et, toute sa vie, il travailla à en réunir. « Il a collectionné depuis son adolescence jusqu'à nos jours, » disait de lui, sous son pontificat, le cardinal Ammanati. Dès 1450, il avait dans toute l'Italie des correspondants qui lui signalaient

Page 1