‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 115 sur 153 · Pastor, il · texte numérisé non relu

Pastor, il

expressément que l'Eglise a besoin d'être défendue par les armes de la science contre les attaques multiples auxquelles elle est exposée, et c'est parce qu'il est « poussé par une juste sollicitude pour la foi et pour l'honneur de l'Epouse du Christ », qu'il compose son ouvrage contre les adversaires de l'Église ^ La même pensée inspira ses traités contre le concile de Bâle, ses polémiques pour la suprématie pontificale et les nombreux livres qu'il écrivit et dont Fabricius nous donne la longue énumération dans sa Bibliothèque^. Il aborda successivement la Bible avec son Exposition des psaumes; le Nouveau Testament avec ses Méditations sur la vie du Christ et son Commentaire des Epîtres de saint Paul ; la théologie avec ses traités sur la Conception de la Vierge, l'autorité du souverain pontife, le Corps et le Sang du Christ; le droit canon avec son Commentaire du Décret. Successivement, il défendit l'intégrité de la foi romaine contre le concile de Bâle et les gallicans, les hussites de Bohême, les Grecs, les Musulmans. On comprend dès lors qu'Eugène IV l'ait nommé son théologien en quelque sorte officiel lorsque, en 1435, il lui donna la charge de maître du sacré palais et que plus tard, il Tait récompensé de son zèle par le chapeau de cardinal (1439).

Si par son amour de la scolastique et son ardeur contre l'hérésie, Torquemada se rattachait au Moyen Age, il savait aussi comprendre les aspirations de son temps. Autant que Bessarion^, il aimait et recherchait la compagnie des humanistes et leur savait gré des

\. FADRicirs, Bibliotheca médias et infimœ iatinitatiSy V, 47.

Page 1