Pastor, IV
visites qu'ils lui faisaient. Il voulait, lui aussi, être dans le Sacré-Collège un ami des lettres. Le service qu'il leur rendit, service inestimable et qui le place au premier rang des promoteurs de la Renaissance, fut d'importer à Rome la grande invention du XV® siècle, l'imprimerie. Il établit des imprimeurs allemands, les premiers que l'Italie ait vus, dans l'abbaye de Subiaco dont il était abbé commendataire, et bientôt après, les appela à Rome.
Avec le métropolite de Kiew, Isidore, et le métropolite de Nicée, Bessarion, qui reçurent, en 1439, le premier le titre des saints Pierre et Marcellin, le second, celui des saints Apôtres, l'hellénisme fît son entrée officielle dans le collège des cardinaux. Nés dans le monde byzantin, se servant du grec comme de leur langue maternelle, familiarisés dès leur jeunesse avec les chefs-d'œuvre chrétiens ou profanes du génie hellénique, ces deux cardinaux montraient, par leur seule présence à la curie, que la civilisation byzantine avait, en quelque sorte, émigré des rives du Bosphore sur celles du Tibre.
Avant de venir en Occident, lorsqu'il était encore abbé du monastère de Saint-Démétrius de Constantinople, Isidore jouissait auprès des siens d'un renom littéraire. Il avait un goût marqué pour « l'harmonie des phrases, la justesse de la composition, la puissance du ton, la vivacité de la pensée^ ». Son esprit s'était affiné jusqu'à la prétention dans l'étude des poètes de l'antiquité, surtout des alexandrins. Il était en relations avec les humanistes de l'empire byzantin et de l'Italie. Il envoyait à son ami Guarino de Vérone quelques œuvres de Xénophon,