I. Pastor, IV
lui promettant celles de Lucien et d'Athénée et lui demandant d'autres livres en échangea Pendant les conciles de Ferrare et de Florence, il se délassait au milieu de lettrés et dans leurs conversations érudites des discussions théologiques et des affaires politiques. Métropolite de Kiew et l'un des chefs de l'Église orientale, il conserva à Guarino de Vérone l'affection que, simple abbé, il lui avait vouée. Il se lia aussi d'amitié avec le secrétaire apostolique Jean Aurispa, qui avait traduit en latin, devant les Pères de Bâle, le discours qu'Isidore leur avait tenu en grec. Enfin, lorsque les services rendus à la cause de l'union des Eglises lui eurent mérité le chapeau de cardinal, et que les persécutions de la Moscovie l'eurent obligé à abandonner sa métropole pour se fixer à Rome, lorsque, sous Nicolas V, Calixte III et Pie II, il fut devenu successivement cardinal-évêque de Sabine, évêque de Nicosie, patriarche de Constantinophe, enfin doyen du Sacré-Collège, il consacra à la littérature tout le temps que lui laissèrent ses légations en Allemagne et en Orient. S'il n'a pas laissé un renom de magnificence et de libéralité, c'est que, chassé de Constantinople par les victoires des Turcs, de Kiev par la haine schismatique des Russes, doté de bénéfices, qui pour la plupart étaient aux mains des infidèles, il était le moins riche des cardinaux. Rien dans ses allures ne pouvait rappeler le faste d'un Barbo et d'un Estouteville. Aussi les humanistes intéressés, tels que Filelfe, se contentaient-ils d'envoyer de loin leurs hommages à ce cardinal savant mais pauvre ^. Quant à Isidore, il aimait la société des moines grecs de