‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 120 sur 153 · Vast, op. cit., p · texte numérisé non relu

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Marc qu'il établira ses presses; il lui demandera les manuscrits d'Aristote et de Platon, de Sophocle et d'Euripide, d'Hérodote et de Thucydide, de Xénophon et de Lucien, d'Hésiode et de Théocrite qui lui serviront à établir ses savantes éditions princeps. Ainsi la collection de Bessarion fut comme un foyer littéraire d'où les études grecques rayonnèrent sur l'Italie d'abord et, de là, sur le monde entier.

Le palais Colonna où résidait le cardinal de Nicée, à côté de son titre des saints Apôtres, et celui de Bologne qu'il occupa pendant cinq ans, comme légat du Saint-Siège, les évéchés et les abbayes dont il était le titulaire et le protecteur, offrirent l'hospitalité la plus large aux humanistes qui se groupèrent en grand nombre autour de Bessarion. C'étaient d'abord ses secrétaires, Nicolas Perotti qui n'avait que vingt ans quand lui fut confiée la chaire d'éloquence de l'université de Bologne, et vingt-huit quand Pie II le nomma évêque de Siponto (1458) ; Pierleoni de Rimini qui enseigna avec succès à Venise et fut l'un des correspondants littéraires de Filelfe ; les deux jeunes patriciens de Venise, Gualterio Giustiniani et Eugenio Mauroceno.

C'étaient aussi des Grecs exilés. Bessarion avait pour eux une vraie prédilection ; ils pouvaient user de son influence et de son hospitalité et compter en toute circonstance sur sa protection. Dans leur nombre, citons Jacques Sava, grec de Chypre, recteur de l'Université de Padoue et majordome du cardinal ; Michel Apostolios qui devait prononcer l'oraison funèbre de son bienfaiteur; le Candiote Jean Rhosos; Jean Plusiadenos qui copia pour Bessarion les Histoires d'Hérodote, de Thucydide et de Xénophon; Démétrius Sguropoulos, l'historien du concile de Florence; Jean

Argyropoulos, Tillustre professeur de grec de Florence, que le cardinal devait appeler et fixer définitivement à Rome, en 1471, et son fils Barthélémy; l'historien byzantin Phrantzès qui échappa à la captivité des Turcs, après avoir vu périr sous ses yeux sa femme et ses enfants, et trouva dans les encouragements de son protecteur une consolation à ses malheurs ; Démétrius Chalcondyle etsonjeuneélève, Janus Lascarîs, dont Bessarion paya les frais d'études à l'Université de Padoue^; enfin Georges de Trébizonde qui, peu reconnaissant des faveurs qu'il reçut, écrivit de perfides pamphlets contre son ancien bienfaiteur; et l'honnête Théodore Gaza, dont les travaux furent souvent commandés et même revus par son maître.

Les savants italiens ne trouvèrent pas moins de bienveillance auprès de Bessarion. Laurent Valla, Pogge et Blondus furent ses familiers, sous Eugène IV et Nicolas V. Dès le 20 février 1452, Filelfe mettait à contribution sa bibliothèque, chargeant son fils Xénophon de lui emprunter le manuscrit de Sextus Empiricus^. Dans la suite, il obtenait de sa générosité de nombreux services et d'importants subsides. Enfin, sous Paul II, les académiciens qui s'étaient groupés autour de Pomponius Le tus, tels que Platina, Philippe Buonaccorsi, Marso Demetrio et Campani lui demandaient d'apaiser la colère du pape.

Plusieurs travaux furent accomplis dans ce milieu érudit. Bessarion et ses amis donnèrent une large collaboration aux traductions entreprises sous l'inspiration de Nicolas V. Avant d'entrer dans la familiarité de Pie II et de devenir, en 1465, évoque d'Osimo, Gai^-

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