‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 123 sur 153 · Raspom, liv. II · texte numérisé non relu

Raspom, liv. II

fit construire des aqueducs. A Rome même, il ordonna des travaux au Campo di Fiori, la place qui s'étendait devant son titre cardinalice de Saint-Laurent. Abandonnée depuis longtemps, elle était envahie par les herbes qui servaient de pâture aux chevaux; il la fit daller à ses frais. Le palais cardinalice de Saint-Laurent fut réparé ainsi que l'église. De son vivant, il commanda, pour cette basilique, son propre tombeau au sculpteur Paul Romain, disciple d'Isaïe de Pise. Comme Pierre Barbo, il aimait le luxe ; ses vêtements étaient riches, son ameublement magnifique. Il réunit dans son palais une précieuse collection artistique dont les principales pièces lui avaient été fournies par son ami l'explorateur Cyriaque d'Ancône, et qu'il compléta par de nombreux achats. Le plus beau mor ceau en était l'Enlèvement du Palladium, qui venait de Niccolo Niccoli et qui passa plus tard aux musées de Paul II et de Laurent le Magnifique. Scarampi semble avoir recherché la société des artistes et su discerner ceux qui avaient de la valeur. A l'un d'eux, il commanda la belle médaille qui nous a conservé ses traits, avec son nez atrophié, sa bouche rongée et son expression de dureté indéfinissable. Son illustre compatriote Mantegna peignit son portrait.

Dans le nombre de ses familiers figuraient aussi des humanistes. Après avoir vécu dans l'entourage des cardinaux Jourdain Orsini et François Condulmier, le poète Léonard Dati passa dans celui de Scarampi *. Filelfe avait part à ses libéralités; le 23 juin 1454, il lui demandait hardiment un supplément de dot pour sa fille ^. Enfin Ciacconius nous rapporte que certaines bibliothèques possédaient des lettres de Scarampi

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