‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 13 sur 153 · Faucoh, op, cit.y p · texte numérisé non relu

Faucoh, op, cit.y p

levait sur un autre point la résidence de Châteauneufdu-Pape et se réparaient les châteaux de Barbentane et de Noves.

Les églises d'Avignon furent embellies, La cathédrale de Notre-Dame des Doms reçut, en 1322, deux nouvelles chapelles et, en 1323, on refît ses portails. Les églises de Saint- Agricol, des Carmes, des Augustins et des Mineurs s'accrurent de la même manière ; la façade de Saint- Jean fut réparée ; enfin , hors de la ville, la chapelle de Notre-Dame du Miracle fut entièrement reconstruite par les soins de Jean XXII.

Son successeur Benoît XII (1332-1342) fut encore plus ambitieux. Le retour de la curie à Rome devenant de plus en plus difficile, à cause des guerres et de l'anarchie qui désolaient Tltalie, il voulut se créer à Avignon une résidence magnifique et il commença les constructions gigantesques du palais des papes. On a publié les comptes de cette grande entreprise, de telle sorte qu'on peut en suivre, d'année en année, les progrès. Elle débuta par la construction de la chapelle de Saint-Pierre et Saint-Paul commencée à la fin de 1332; elle était consacrée, le 23 juin 1336, par Gasbert, archevêque d'Arles. La tour des Saints-Anges s'élevait en même temps et, en 1338, recevait sa toiture de plomb. En 1336-1337, le côté méridional du palais se construisait et on y aménageait la grande salle des banquets. En 1337, le palais se continuait vers l'orient entre les tours des Saints- Anges et du Trouillas ; c'est là que se trouvaient cette tour de la Glacière dont le nom évoque l'une des scènes horribles de la Révolution, la grande cuisine avec ses dépendances, la bouteillerie, la paneterie, les dépenses et les offices, la salle du consistoire, la grande salle à manger avec la chapelle Saint-Martial qui lui était

contiguë. A la fin de 1338, on commençait le côté ouest du palais avec la tour Saint-Jean, aujourd'hui tour de la Cloche, et on y aménageait les logements de l'aumônier et du camérier. On n'est pas bien fixé sur la disposition du côté nord ; il est probable, dit le P. Ehrle, que là se trouvaient les appartements privés du pape, la trésorerie, les archives et la bibliothèque ^ Enfin, dans l'intérieur du palais, on avait oùvert de larges couloirs, des cours entourées de cloîtres et de promenoirs, des terrasses ; les principaux personnages de la curie y avaient reçu des logements. Avec ses façades austères, dont la monotonie n'était coupée que par leurs immenses arcs de décharge, leurs créneaux et leurs tourelles en saillie; avec ses tours du Trouillas, de la Cloche, de la Glacière, des Saints-Anges, qui lui faisaient une ceinture de défenses ; avec ses grandes salles de réception, ses chapelles, ses cloîtres, ses escaliers solennels et ses chemins de ronde, le palais de Benoît XII pouvait soutenir la comparaison avec ceux de Rome : citadelle et monastère, palais et forteresse, austère dans son extérieur, tout orné à l'intérieur de peintures et de sculptures, il formait un ensemble plein de majesté.

Et cependant, il ne put pas suffire aux goûts luxueux de Clément VI. Ami de la magnificence, désireux d'éclipser par la splendeur de sa cour les souverains de son temps, répandant à profusion les sommes considérables qui affluaient au trésor pontifical, il continua les grandes constructions de son prédécesseur. Pendant les deux premières années de son règne, (1342-1344), il se contenta d'ajouter de nouveaux bâtiments au palais de Benoit XII; c'est ainsi que fut

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construite la tour Saint-Michel qui comprenait la salle du nouveau trésor [guardarauba nova) et la chapelle Saint-Michel. Mais, en 1344, Clément VI voulut construire, lui aussi, son palais et il y fit travailler jusqu'à sa mort, de 1344 à 1352. Successivement, on édifia tout un corps de bâtiments qui renfermait, au rez-dechaussée, les salles de cours du maître du sacré palais, le quartier des ingénieurs et de l'artillerie ; au premier étage, une nouvelle salle pour le tribunal des auditeurs; au-dessus, le nouveau consistoire; enfin dans la partie la plus élevée, la grande chapelle neuve qui remplaça de plus en plus celle que Benoît XII avait consacrée aux saints Apôtres. Une nouvelle tour, la turris gachiœ siçe cudientise ^ dominait cette partie du palais. Le pape relia ces étages les uns aux autres par un escalier majestueux [scalœ magnœ) qui partant de la principale cour du palais, conduisait jusqu'à la grande chapelle. Comme Benoît XII, Clément VI donna à ses constructions le caractère d'une forteresse. A sa mort, le 6 décembre 1352, l'édifice était à peu près terminé ; il ne restait à finir que la tour de l'Audience et les terrasses qui devaient couronner la chapelle ^

Innocent VI se chargea de ces travaux; de 1352 à 1358, il répara plusieurs parties du palais qui avaient été détruites ou endommagées par des incendies et il les compléta par plusieurs constructions secondaires et une tour qui, vers le midi, fit le pendant de la tour de l'Audience : la tour Saint-Laurent. Urbain V ajouta à ces bâtiments plusieurs logements nouveaux : l'un, Yhospicium viridaru, se détachait de la tour des Saints-Anges et longeait le jardin pontifical ;

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