TnuBEAu-DANGiN, Saint Bemardin de Sienne, p
En même temps qu'il les insultait ainsi, il s'appliquait, dans la mesure de ses forces, à arrêter leurs progrès. En 1429, il apprit qu'ils allaient fonder un couvent dans son propre pays à Terranova, là où il se proposait de se retirer plus tard. « Qu'un tel endroit fût désormais le séjour de misérables frati^ il s'en indignait comme d'une profanation, faisait des pieds et des mains à Rome pour obtenir une interdiction et invectivait avec colère les moines coupables de choisir pour s'y installer des lieux aussi délicieux ' . » Léonard l'Arétin parlait avec la même haine des Observantins, raillait « leur aspect calme, leurs yeux baissés, leur visage pâle, leur manteau grossier, leur ample capuchon, leur regard fuyant, leur cou tordu quand ils prêchent à leurs auditoires de petites femmes et d'ignorants, leur contant des songes et des visions ». Lui aussi a tenté de s'opposer au développement de leur ordre; il a défendu contre eux les Conventuels qui, malgré leur habit, devenaient sympathiques à l'humanisme à cause de leur relâchement.
Les papes semblaient ne pas s'apercevoir de cette résurrection du paganisme ou, s'ils la constataient, ils ne la prenaient pas au sérieux. Pendant plus de cinquante ans, Pogge a été tour à tour le secrétaire de sept papes; Léonard l'Arétin, Aurispa, Loschi, Cenci, Valla ont fait partie du collège des secrétaires apostoliques, Alberti a été en quelque sorte le ministre des Beaux-Arts de Nicolas V, Filelfe son favori; le Panormite a été agréé comme ambassadeur de la cour de Naples auprès du Saint-Siège. Bien plus, les humanistes offraient aux papes les ouvrages où la morale chrétienne et les ordres religieux étaient atta-