‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 133 sur 153 · Tucreau-Dangin, ibid,^ p · texte numérisé non relu

Tucreau-Dangin, ibid,^ p

CHRISTIANISxME ET PAGANISME AU XV« SIÈCLE. 300

qués, tantôt sournoisement et tantôt violemment, et les papes en agréaient l'hommage, récompensant même leurs auteurs par des libéralités. Ne nous étofi* nous donc pas si la Renaissance païenne fît à la cour pontificale de tels progrès qu'elle finit par y régner en maîtresse avec Alexandre VI et Léon X.

Dans la première moitié du siècle, l'esprit chrétien continue cependant d'y dominer. Si le personnel des littérateurs qui vivent au Vatican a déjà Tintelligence et l'âme perverties, la contagion n'a pas encore pénétré plus haut. Sauf de rares exceptions, les dignitaires ecclésiastiques et les cardinaux sont restés fidèles aux idées et aux vertus chrétiennes ; plusieurs d'entre eux arrivent même à la sainteté.

Quoique sévère pour les papes dont il a écrit la vie, Platina fait un bel éloge de Martin V. 11 nous le montre, unissant, dès sa jeunesse, l'étude des lettres et la pratique des bonnes mœurs et témoignant, dans tout le cours d'une vie intègre, d'un goût constant pour la justice et la charité ^ Muratori ratifie cet éloge de Platina, en célébrant dans ses Annales le caractère et l'intelligence de Martin V ^. Les humanistes de la curie qui se rencontraient chez Pogge, n'ont rien trouvé à dire sur les mœurs de ce pape et cependant ils ne reculaient ni devant la médisance ni devant la calomnie, dans ces réunions qu'ils appelaient eux-mêmes « le marché des mensonges ». Sa dévotion était grande et il en donna des preuves éclatantes à plusieurs reprises, surtout lorsqu'il ramena d'Ostie à Rome les reliques de sainte Monique. Il témoigna d'une vraie soumission à la volonté divine en supportant avec

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