Muratori, Annali d'italia^dja. IHT
une résignation chrétienne les deuils qui vinrent le frapper coup sur coup dans ses plus chères affections ^ . « Tous les auteurs conviennent, dit le continuateur de Fleury^, que ce pape avait beaucoup de vertus », et c'est à la même conclusion qu'aboutit un contemporain de Martin V, bon juge en cette matière, l'archevêque de Florence, saint Antonin ^.
Inférieur à son prédécesseur comme politique, Eugène IV le surpassa comme chrétien. C'est avec raison que Vespasiano'' célèbre la sainteté de sa vie et de ses mœurs. Noble et riche, Gabriel Condulmier avait distribué, dès sa jeunesse, la plupart de ses biens aux pauvres; « il avait renoncé au monde et à ses pompes pour se placer sous le joug de l'obéissance » et entrer comme moine célestin à Saint-Georges in Alga, à Venise. La vie monastique la plus sévère resta désormais son idéal et, pour la restaurer, il réforma, dans la suite, nombre de couvents, en y rétablissant les observances primitives. Devenu pape, il continua à vivre au milieu de moines choisis parmi les plus austères, Célestins, Observantins, Dominicains, de telle sorte que sa résidence semblait un couvent, sa chambre une cellule. Ami du luxe et de l'apparat dans les solennités publiques, quand il se montrait dans tout l'éclat de sa dignité pontificale, il menait en son particulier la vie la plus simple. Son abstinence absolue de vin et de toute liqueur fermentée lui avait valu le surnom d'Abstemius. Son régime de nourriture ne comportait à chaque repas qu'une assiette de soupe avec des légumes et des fruits. Il était si détaché des