Renan, État des beaux-arts au XIV* siècle, p. 15i
Une seule rappelle encore son antique splendeur; c'est, à Villeneuve, le palais du cardinal Pierre de Tourroie, appelé par corruption le cardinal de Turin ^.
Comme les papes , les cardinaux tinrent à honneur de construire ou d'embellir des églises à Avignon et aux alentours. En 1358, le cardinal Pierre de Prato faisait rebâtir l'église Saint- Pierre, l'un des plus beaux monuments de la ville, et y fondait une collégiale ; en 1356, Bertrand de Dreux, cardinal-archevêque d'Embrun, édifiait Saint-Didier ; Bernard de Montfort, cardinal-diacre de Sainte-Marie in Aquiro et neveu de Jean XXII, fondait, vers 1330, l'église de Montfavet; enfin un autre neveu du même pape, Arnaud de Via, évêque d'Avignon, ordonnait la construction de la collégiale de Villeneuve.
Mdgré leur nombre et leur importance, ce ne fut pas par ces constructions que la cour d'Avignon initia la France à l'art de la Renaissance. La plupart des architectes qu'elle employa étaient en effet des Français, héritiers des traditions esthétiques du Moyen Age, beaucoup moins novateurs que disciples fidèles des maîtres de l'Ile-de-France et de la Bourgogne. Le premier architecte de Jean XXII fut Guillaume de Cucuron : dès le 2 octobre 1316, il était chargé de l'agrandissement du palais épiscopal d'Avignon et il y construisit dans la suite la chapelle de Saint- Etienne ^. Il fut remplacé par Arnaud Escudier qui figure, en 1328 et 1331, sur les comptes de la Chambre apostolique avec le titre de « surintendant des bâtiments ». D'autres architectes dirigeaient, en même temps, les autres
i. Renan, p. 153.