Ehrle, op, cit.t p
travaux que le pape commanda à Avignon et dans le Comtat; Raymond Mézier construisait, en 1323, le château de Sorgues; Guillaume Coste, en 1322, celui de Châteauneuf; Bermond de Noves, en 1325,, l'église Saint-Agricol ^ . Les noms de ces artistes et de leur lieu de naissance (Noves, Cucuron) dénotent bien leur origine française et même provençale.
Le successeur de Jean XXII, Benoît XII, était sorti d'une humble famille de Saverdun dans le comté de Foix. Ce fut de ce même pays qu'il fît venir son architecte préféré, Pierre Poisson, de Mirepoix, qui figure, en 1335, dans les registres financiers avec le titre de surintendant du palais pontifical, « deputatus ad faciendum opéra œdificiorum domus palatii papalis Avenionensîs ». Nous l'y retrouvons en 1336 et 1341^. C'est donc lui qui a conçu le plan grandiose du palais d'Avignon, et qui en a construit une grande partie. Il y fut aidé en 1337 par un certain Bernard Canelle, « clerc du diocèse de Narbonne^ ».
Sous Clément VI, ce fut un architecte du nord de la France, originaire sans doute des environs de Provins, Jean de Lupera ou Luperiis qui dirigea la construction du palais. Il figure dans les comptes de 1346; nous l'y trouvons encore en 1353 * ; ce qui prouve qu'Innocent VI (1352-1362) le maintint dans sa charge. Enfin, sous Urbain V et Grégoire XI, ce fut toujours un Français, peut-être même un Avignonnais qui eut la surintendance des bâtiments : Bernard de Manso, sacriste de Saint- Didier d'Avignon ^.