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Le personnel subalterne qui travaillait sous la direction de ces architectes, sculpteurs, tailleurs de pierres, menuisiers, avait la même origine. Nous ne relevons parmi eux aucun nom italien; en revanche, nous trouvons Henri de Montpellier, Pierre de Lunel, Guillaume de Valréas, de Florensac, et un grand nombre d'autres personnes du Comtat, de la Provence et du Languedoc ^ . Aussi n'est-il pas étonnant que tous les grands monuments d'Avignon et de ses environs aient été inspirés par l'art gothique. Ils ne rappellent pas les cathédrales italiennes avec leurs assises de pierres aux diverses couleurs, leurs proportions plus gracieuses que majestueuses, leur parure de marbres et de mosaïques; ce sont plutôt ces cathédrales de Limoges ou de Narbonne par lesquelles l'art gothique du Nord se révéla aux gens du Midi , ou bien encore ces églises à une seule nef, logeant leurs chapelles entre leurs contreforts sans arcs-boutants et leurs sanctuaires au milieu d'absides aux splendides verrières. Quant au palais pontifical, il procède des résidences féodales et des châteaux forts du midi de la France, de la Bastille, de Pierrefonds ou de Vincennes beaucoup plus que des palais de Florence, de Sienne ou d'Orvieto. En tout cas, on ne trouve encore aucune trace des règles de Vitruve et de l'art classique, dans ces monuments dont toute la structure rappelle le Moyen Age.
On peut en dire autant des sculptures qui furent commandées dans le Comtat ou ailleurs par les papes d'Avignon. Parmi ces œuvres, on n'en saurait signaler une d'une réelle originalité, engageant l'art dans des voies nouvelles. C'est que la sculpture n'a pas encore une vie autonome : elle doit se soumettre aux plans