‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 29 sur 153 · Ep, fam., KII, 8; XV, 3. -2. Ibxd.y IV · texte numérisé non relu

Ep, fam., KII, 8; XV, 3. -2. Ibxd.y IV

figues, de noix et d'amandes, s'occupant à la pêche et taillant son verger, écoutant les bœufs mugir au loin dans les prés *. « Il se plaisait dans son jardin presque autant que dans sa bibliothèque. Quand il parle des gens et des choses de la campagne, son latin, souvent monotone, change de ton et prend l'accent d'un sentiment sincère. C'est ainsi qu'il a donné l'immortalité à. son métayer de Vaucluse... de mêm^ pour sa vieille servante provençale au cou tanné par le soleil, âme simple, corps sans grâce, mais humble, sobre et dure au travail ^. » Nous aimons à nous représenter le poète des sonnets et de VAfrica, tenant un vrai journal de jardinage, et notant avec une telle exactitude les semailles et les récoltes, les soins qu'il donnait à ses arbres et à ses vignes que M. de Nolhac a pu consacrer un chapitre à Pétrarque jardinier^. Ainsi, avec Pétrarque, les lettres ne se contentaient pas de l'imitation antique : elles demandaient des inspirations plus immédiates au sentiment de la nature; et c'était là une nouveauté presque aussi grande que la résurrection de l'hellénisme ou de la philosophie platonicienne; sur ce point encore Pétrarque était un précurseur.

Mais, où avait-il appris lui-même à aimer la nature? Sans doute, Virgile avait été son premier initiateur ; les Géorgiques et les Bucoliques lui avaient montré la poésie des champs; les vers en l'honneur du Taygète et de l'Hémus lui avaient fait comprendre autant que le Ventoux et le Gargano, la majesté des hautes cimes. Cependant, il n'aurait jamais trouvé un accent personnel et ému s'il n'avait vu la nature qu'à travers la littérature. Il ne l'a vraiment aimée que le

Page 1