‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 3 sur 153 · Vasâri, I · texte numérisé non relu

Vasâri, I

avait eu des maîtres qui n'étaient pas sans valeur, les marmorari de la famille des Cosmati et les mosaïstes. Le médaillon en mosaïque placé, vers 1250, sur le porche des Trinitaires du Celius, la décoration du Sancta Sanctorum sous Nicolas III (1277-1280), le tombeau du cardinal Ancher, dans l'église de Sainte-Praxède (1286) sont d'heureux spécimens de l'art des Cosmati; et dans les mosaïques absidales de Sainte-Marie Majeure et de Saint-Jean de Latran, exécutées sous Nicolas IV, en 1290, Jacques Torriti avait montré un réel sentiment artistique. Mais lorsque Giotto eut paru, sa manière si vivante et si naturelle s'imposa à chacun, dégagea mosaïstes et peintres de la décadence byzantine pour les lancer dans les voies nouvelles : Tœuvre de Cavallini nous en est la preuve.

Comme Giotto, Pierre Cavallini fut le protégé des Stefaneschi et de Boniface VIII. Vers l'an 1291 *, Bertoldo Stefaneschi, parent du cardinal, lui commanda la décoration de l'abside de Sainte-Marie du Transtévère. C'était une vaste entreprise et elle était à peine commencée lorsque l'illustre peintre florentin vint à Rome. Vasari nous dit que Cavallini se mit aussitôt à son école et fut même son collaborateur pour la Naçicella de saint Pierre. Ce fut aussi sans doute sous ses yeux qu'il exécuta sur la façade intérieure de Saint-Pierre les quatre Évangélistes, saint Pierre et saint Paul. Ce qui est certain c'est que les mosaïques de Sainte-Marie du Transtévère se ressentent beaucoup de l'influence de Giotto. Elles représentent des scènes de la vie de la Vierge, en particulier sa Nativité, l'Annonciation, la Nativité, l'Adoration des Mages et la Présentation au temple ; en un mé-

1. G. Navoke, Di un musaico di Pietro Cavallini {Archiv. delta Soc. rom* di storia patria, 4878), p. 283.

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daillon, Tartiste a peint la Vierge portant Tenfant Jésus, entre saint Pierre et saint Paul. Par la science de la composition, la vie des figures, la beauté du dessin et des couleur^ ces mosaïques témoignent d'une vraie révolution dans l'art; les Cosmati étaient dépassés, a Le style byzantin faisait place définitivement à l'art plus noble des giottesques », disent Crowe et Cavalcaselle ^ ; et de son côté, Burkhardt déclare que ces œuvres marquaient « la transition à l'art de Giotto » ^.

Pierre Cavallini fit plusieurs fresques pour ses protecteurs. Bertoldo Stefaneschi lui demanda une madone avec l'enfant Jésus bénissant, pour Sainte- Marie du Transtévère. Le cardinal lui fit décorer l'abside de son église diaconale, Saint-Georges au Vélabre : l'artiste y peignit, toujours dans la manière de Giotto, le Sauveur assis sur le globe du monde et ayant à ses côtés la Vierge et saint Pierre, saint Georges et saint Sébastien ^. Vasari cite de lui plusieurs autres œuvres : à l'Ara Cœli, où il représenta la madone au milieu d'anges et l'empereur Auguste en adoration devant l'Enfant Jésus que lui montrait la Sibylle de Tibur , à Sainte-Cécile, « où il orna de sa main l'église presque tout entière » ; à Saint-François a Ripa , « où il exécuta de nombreuses peintures ^ » . Aux approches du jubilé, en même temps qu'il faisait réparer les basiliques du Latran et du Vatican, Boniface VIII ne négligea pas la troisième basilique patriarcale, celle de Sainte-Marie Majeure. Il chargea

i. Crowe et Cavalcaselle, Geschichte der italienischen Malerei, T, 91.

2. Burkhardt, Le Cicérone (trad. Gérard), Moyen Age et temps modernes, p. SOS.

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