‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 31 sur 153 · RoDocANACHi, Cola di RienzotP' ^3^* â. Ep. fam^t XIII · texte numérisé non relu

RoDocANACHi, Cola di RienzotP' ^3^* â. Ep. fam^t XIII

Quand Rienzi eut échoué dans sa tentative de gou' vernement populaire, Pétrarque se tourna vers T Empereur. Charles IV était un Allemand, un de ces barbares que Pétrarque avait jadis dénoncés à Taversion des Romains; mais en même temps il était l'héritier d'Auguste et de Constantin et, à ce titre, Italien d'adoption ^ « Vous n'êtes plus pour moi le roi de Bohême, lui écrivait le poète, mais le roi du monde, l'empereur de Rome, le vrai César. » En cette qualité, Charles IV devait intervenir en Italie pour la pacifier, s'établir à Rome et y dresser, en face de la monarchie spirituelle des papes, la monarchie temporelle des Césars. Le rêve que les traditions gibelines du Moyen Age avaient inspiré à Dante, Pétrarque le concevait à son tour d'après les traditions classiques de l'antiquité.

Malgré les exhortations du poète qui se rendit k Prague pour exciter son zèle, Charles IV réalisa cet idéal encore moins que Rienzi, et jusqu'à sa mort Pétrarque vit l'Italie déchirée par les guerres civiles et Rome désolée. Il en conçut un dépit qui se tourna en aversion contre la France qui gardait, à Avignon, les souverains spirituels de sa chère cité, contre les papes eux-mêmes qui la dédaignaient et ne s'occupaient d'elle que pour la maintenir sous le joug* De là ces critiques contre la cour d'Avignon, ses mœurs et ses abus, dont l'aigreur étonne quand on se rappelle tous les bienfaits que Pétrarque en avait reçus.

Ces idées politiques de Pétrarque, nous les retrouvons chez la plupart de ses continuateurs, les humanistes de la Renaissance. Ils élèveront les mêmes protestations contre la tyrannie que les prêtres font peser sur Rome, la reine des nations ; ils feront appel

Page 1