CHAPITRE V
Né à Rome, dans l'illustre famille des Colonna, cardinal de l'obédience romaine, Martin V connaissait fort bien l'abandon où se trouvait, depuis près d'un siècle, la capitale de l'Église; et dans le projet de relèvement social et religieux de l'Église universelle et de ses États temporels qu'il se proposa, il comprit la résurrection intellectuelle et artistique de Rome. Il devint ainsi l'initiateur de ce grand programme qui mit les papes à la tête du mouvement de la Renaissance.
Plusieurs faits nous prouvent qu'il eut la conscience bien nette de l'œuvre qu'il assignait à son activité et à celle de ses successeurs. A Constance, aussitôt après son élection, l'empereur Sigismond lui proposa une résidence dans une ville d'Allemagne ; les Français le supplièrent de maintenir à Avignon le siège apostolique ; il refusa ces offres intéressées, alléguant que l'absence du pasteur suprême avait réduit Rome à la plus grande misère, que les basiliques et les sanctuaires y étaient en ruines et qu'il voulait remédier à
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Le Vatican avait particulièrement souffert de l'absence des papes ; à plusieurs reprises, la guerre civile avait ravagé le Borgo, et, quelques années avant la fin du schisme, un combat s'était livré non loin de là, dans les Prati, entre les Romains et les troupes de Ladislas, roi de Nàples. Aussi, malgré les travaux qui avaient été faits dans le palais, pour l'arrivée à Home d'Urbain V et de Grégoire XI, plusieurs parties en , restaient encore difficilement habitables en 1417. Les comptes de la Chambre apostolique prouvent que Martin V s'en préoccupa. En 1420 et 1421, il fît faire plusieurs réparations au palais, construisant des logements pour ses gardes et les employés de la trésorerie ; la chapelle apostolique reçut une tribune pour les chantres et de nouvelles fenêtres; la salle du consistoire fut mieux aménagée ainsi que la loge de la bénédiction.
La basilique de Saint-Pierre demandait de non moins importantes réparations. Il est probable que dès lors se posait la question de sa réfection. Martin V y fit exécuter les travaux les plus urgents. La toiture menaçant ruine en plus d'un endroit, il la refit et consacra à cette œuvre importante la somme énorme de 50.000 florins^ (près de 3 millions de francs). Le quadriportique ^, qui s'appuyait par un de ses côtés à la façade de l'église, dut être reconstruit. Depuis Léon IV et Grégoire IX, les murs de l'atrium et de la façade étaient recouverts de mosaïques et de fresques représentant les apôtres et des scènes de la vie de saint Pierre et de saint Paul. D'après certains archéologues, elles étaient complètement effacées et auraient