Blondus, Roma instauratat I
3. Sur runede ces portes est gravée cette inscription : ÀNTONIYS PETRI DE FLORENTIA FECIT, MCCCCXLV.
pour d'autres, c'est Simone di Andréa; d'autres enfin nient son existence. Le travail n'est guère antérieur à 1439, puisque les principales scènes qui y sont retracées, rappellent le concile de Florence et l'union des Églises qui eut lieu cette année-là. Il était terminé en 1445, puisque, le 26 juin, selon les uns, le 14 août, selon les autres, de cette même année, eut lieu la mise en place de l'œuvre ^. Les portes comprennent quatre grands sujets et quatre plus petits : les premiers représentent, assis sur leurs trônes, d'un côté le Sauveur, de l'autre la Vierge, et au-dessous saint Paul tenant le glaive, instrument de son martyre, et saint Pierre, remettant les clefs à Eugène IV agenouillé devant lui. Les seconds retracent la Décapitation de saint Paul, la Crucifixion de saint Pierre et deux scènes mémorables du pontificat d'Eugène IV : d'un côté, le couronnement de l'empereur Sigismond à Rome ; de l'autre, la réception à Florence des ambassades orientales et la proclamation de l'union des Eglises. Les deux battants sont bordés de volutes et de rinceaux, au milieu desquels l'artiste a sculpté des scènes épisodiques dont il a emprunté les sujets aux Fables d'Esope et aux Métamorphoses d'Ovide, telles que le Loup et la Cigogne, Jupiter et Ganymède, Héro et Léandre, la Nymphe et le Centaure, Léda et son Cygne. Enfin, la signature de l'artiste, deux distiques en l'honneur d'Eugène IV et d'autres inscriptions plus brèves complètent la décoration de ces portes.
Lorsqu'elles furent posées, elles excitèrent l'admiration. Blondus célébrait « la magnificence et l'art exquis de ce travail » et l'humaniste Maffeo Vegio, qui était alors chanoine de Saint-Pierre, vantait de son côté
1. MÛNTZ, Les Arts à la cour des Papes,!, 41. — Vàsari, H, 45. Note de Milanesi.
« Fexécution admirable de ce chef-d'œuvre * ». La critique de nos jours s'est montrée plus sévère et plus juste. On a fait remarquer que les motifs d'ornementation, tels que les bordures des portes, sont lourds, que les figures manquent d'expression et les scènes historiques de vie. On a insisté^ sur le mauvais goût*^ qui a fait emprunter à la mythologie la décoration de l'entrée principale de ce vénérable sanctuaire chrétien, et l'on a reproché à l'artiste d'avoir juxtaposé, dans une inconvenante promiscuité, la Vierge et Léda, saint Pierre et Ganymède, Jupiter et le Christ. Toutefois, si cette œuvre témoigne d'un tact peu délicat et d'un art médiocre, elle n'en est pas moins une preuve de l'importance des travaux qu'Eugène IV commanda pour la basilique de Saint-Pierre.
Il demanda d'autres portes, mais de bois, au sculpteur dominicain, Antoine de Viterbe. Elles représentaient la plupart des sujets que Filarète a exécutées sur les siennes : le Sauveur, la Vierge, saint Pierre, saint Paul, le couronnement de Sigismond, les Ethiopiens, les Grecs, et il est possible que l'un de ces travaux ait servi de modèle à l'autre. Nous ne pouvons cependant pas l'affirmer, car l'œuvre d'Antoine de Viterbe a disparu au XVP siècle, avec l'ancienne basilique, et nous ne la connaissons que parles descriptions qu'en firent les archéologues Grimaldi et Torrigio ^,
Outre ces réparations faites au grand œuvre de la basilique, Eugène IV ordonna, pour l'intérieur de l'église, des constructions nouvelles ou d'importants embellissements. 11 fit édifier une partie de la sacristie^ ;
1. Blondus, Roma instaurataj I, 55. — Mûktz, op. cit., 1, 42.