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mais surtout, il transforma l'une des chapelles avec le concours de son neveu, Pierre Barbo, cardinal de Saint-Marc. Avant la destruction de Saint-Pierre par Jules II, on voyait dans le bas côté du midi, un autel dédié à la Vierge et aux apôtres saint Pierre et saint Paul ; c'est là que devait être mis le tombeau d'Eugène IV, comme nous le prouve Tépitaphe qu'y avait fait poser son neveu*.
Pendant les quatorze ans de son pontificat, Martin V avait rarement habité le palais apostolique du Vatican ; il lui avait préféré le palais de sa famille, près de l'église des Saints-Apôtres, ou le château fort que les Colonna avaient édifié dans les montagnes du Latium, à Genazzano. C'était sans doute l'une des conséquences de cet esprit de famille qu'il poussa jusqu'au népotisme. Mais c'était aussi parce que le Vatican, malgré les réparations les plus urgentes qu'y avaient faites les papes du grand schisme, était délabré et difBcilement habitable^. Eugène IV le répara en commençant par la toiture ; il y fit construire les bâtiments de la Monnaie pontificale, (Zeccha) sur l'emplacement de l'ancien clocher de la basilique, et, tout à côté, il fit aménager pour le palais une entrée digne de lui, avec un très beau portail^.
Les documents financiers publiés par M. Mûntz, mentionnent aussi l'érection d'une chapelle pontificale du Saint-Sacrement, et Vasari nous dit qu'elle était au Vatican « in palazzo* ». Elle fut édifiée, dès 1433, sous la direction de l'architecte du palais, le maître vénitien Antonio Riccio. Des vitraux y furent peints, comme dans le reste du palais, par frère Jean de Rome ; un
1. Laurentius DioNYsiuSf Sacrarum Vaticanœ basilicœ cryptarum monumental I, p. 95, tab. 37.
S. ClACCONIUS, II, 876.
\ Blonous, op. ciL, I, 27.
Vasari, IV, 35.
certain maître Baptiste fut chargé de rornementation et des dorures ^ Enfin, pour la décoration à fresques de la chapelle, le pape s'adressa au pieux et suave fra Angelico (1445). L'illustre artiste dominicain était alors à l'apogée de son talent ; âgé de cinquantehuit ans, moine depuis trente-huit ans, il avait déjà semé de ses chefs-d'œuvre les églises et les couvents de la Toscane et de l'Ombrie. Il venait de décorer les portes d'entrée, le réfectoire et les cellules de son couvent de Saint-Marc. Pendant son séjour à Florence, Eugène IV avait pu voir les œuvres si nombreuses, si belles et débordantes de piété de cet artiste à l'âme profondément chrétienne. A son appel, fra Angelico ^ vint s'établir au Vatican avec deux de ses disciples, Jacopo da Forli, et Benozzo Gozzoli. Il est grandement regrettable qu'il ne nous reste rien des peintures qu'ils y exécutèrent. Sous Paul III, la chapelle d'Eugène IV fut entièrement détruite pour faire place au grand escalier, et l'art simple et sincère du religieux dominicain était déjà si peu goûté par la Renaissance païenne qu'on ne pensa à garder ni les originaux ni même des copies de ses fresques. Eugène IV, dont l'âme n'avait pas été pénétrée par le paganisme renaissant, semble avoir au contraire apprécié son inspiration si chrétienne. D'après le témoignage de Vasari^, il au- rait voulu élever fra Angelico au siège archiépiscopal de Florence, à la mort de Zabarella (1445), et seule l'humilité du religieux le fit renoncer à son projet*'.