‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 7 sur 153 · Cftowset Cavalcaselle, I, 117, note · texte numérisé non relu

Cftowset Cavalcaselle, I, 117, note

médie, le pape Caetani n'apparaît que comme l'inspirateur des guelfes, de ces Noirs qui chassèrent Dante de sa patrie ; comme l'antagoniste de l'Empereur vers lequel allaient les sympathies gibelines du poète ; comme le damné qui est prédestiné à souffrir, dans le huitième cercle de l'enfer, des supplices atroces, à côté de Nicolas III ^ Boniface VIII a eu sur la poésie de Dante l'influence involontaire de celui qui fait jaillir le cri de haine et l'éloquence de l'invective. Heureusement pour sa mémoire, il a rendu aux lettres des services d'un tout autre genre. Il fut toujours secondé par son neveu, le cardinal Stefaneschi, qui était lettré autant qu'artiste. Nous avons de ce prélat plusieurs poèmes latins 2, l'un sur la vie et la canonisation de Célestin V, l'autre sur le couronnement de Boniface VIII. Ils dénotent chez lui une science avancée de la langue et de la poésie classiques et nous prouvent que Virgile et Horace lui étaient familiers.

Boniface VIII témoigna une faveur toute particulière aux universités ^. Quelques jours avant l'attentat d'Anagni, le 6 juin 1303, il en érigea une à Rome. On devait y faire toutes sortes d'études, « générale studium in qualibet facultate ». Comme le droit était enseigné à Rome depuis les temps d'Innocent IV et que depuis quelques années déjà les études sacrées s'y étaient développées, c'était surtout la création d'une faculté des arts, c'est-à-dire des lettres et des sciences, que visait le pape. La même année, un autre studium générale fut fondé à Fermo. Remarquons qu'il ne s'agit pas ici d'une simple érection canonique, d'une bulle platonique

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