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nissait les combinaisons. C'était d'après des démonstrations géométriques qu'il traitait de la perspective ; c'étaient des raisons d'ordre scientifique qui lui dictaient son traité d'architecture. A ses yeux, l'inspiration individuelle et cet idéal esthétique que chaque artiste porte en soi, sont choses secondaires ; l'art n'est guère qu'une application de la science et de la raison.
Alberti ne s'en tint pas à la théorie. Pendant son séjour à Florence, de 1433 à 1443, il s'exerça dans la peinture et, pendant sa longue carrière d'architecte, il construisit, à Rome, à Rimini et dans plusieurs autres villes de l'Italie, d'importants monuments. Mais ce qui manqua à toutes ses œuvres, ce fut une inspiration personnelle et vraiment originale. En pouvait-il être autrement d'un artiste qui enchaînait l'art, d'un côté, à l'imitation servile de l'antiquité et, de l'autre, aux règles absolues de la science ?
Ainsi, curiosité toujours inassouvie, imitation superstitieuse des anciens, rationalisme et fanatisme de la science, tels sont les principaux traits de la physionomie intellectuelle d' Alberti. Nous comprenons dès lors le peu de place qu'ont dans ses pensées les préoccupations d'ordre moral. De mœurs correctes, surtout si on le compare à des humanistes tels que Pogge et Valla, il acceptait sans répugnance du Panormite la dédicace publique de l'Hermaphrodite, non qu'il fût tenté de se vautrer lui-même dans cette fange, mais parce que le caractère immoral du livre était pour lui gans conséquence. Ce clerc, qui fut peut-être prêtre, ce dignitaire de la curie, cet ami de Nicolas V était un « intellectuel ».
Nous comprenons dès lors pourquoi il ne parlait des prêtres qu'avec mépris, lançant contre eux les accusations d'hypocrisie, d'ignorance et d'orgueil que l'on
retrouve chez la plupart des humanistes. En 1437, il écrivit un dialogue sur le Pape et la Religion dans lequel il montra ses deux cousins Paul Alberti, évêque d'Ascoli, et Alberto Alberti, évêque de Camerino, causant des devoirs du sacerdoce et de Tépiscopat. Or, dans leur conversation nous relevons des attaques contre le clergé d'autant plus vives que la violence des expressions est rare dans les œuvres de notre auteur. « J'ai en dégoût le luxe et les dérèglements de ces hommes aux barettes rouges et noires et aux blancs vêtements, qui font profession de sainteté. J'ai honte, oui, j'ai honte et je m'afflige de voir au centre même de la république chrétienne, là oii se doivètit au moins trouver quelques prêtres excellents, promouvoir journellement aux hautes dignités des personnes qui ne devraient être sur la voie des honneurs que si Héliogabale retournait des enfers pour régner de nouveau. » « Les prêtres, ajoutait-t-il plus loin, sont la cupidité même; ils cherchent à s'éclipser les uns les autres non par la vertu ou le talent (rares sont les prêtres lettrés ou simplement honnêtes), mais par la pompe et l'ostentation. Ils veulent monter des chevaux richement équipés, paraître en public avec une armée de mangeurs... ils sont l'incontinence même, ne cherchant qu'à satisfaire leurs violents appétits *. » Il est bon d'ajouter que l'auteur de ces violentes invectives n'était pas, plus que Pogge et les autres détracteurs de l'Eglise, exempt d'ambition et de cupidité. Après avoir fait ses études à Bologne, il avait embrassé la carrière ecclésiastique pour obtenir quelque bénéfice plutôt que pour exercer le ministère sacerdotal ^, A vingt-neuf ans, il figurait déjà dans le