‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 88 sur 153 · Mancini, p · texte numérisé non relu

Mancini, p

lî>8 L'ÉGLISE ET LES ORIGINES DE LA RENAISSANCE.

Avec sa science encyclopédicpie, il y parlait de toutes sortes de constructions, villes, forteresses, palais, hôpitaux, phares, aqueducs, églises. S'appuyant sur Vitruve, il condamnait l'arc aigu et les voûtes à croisées d'ogive du Moyen Age, lançant contre elles cette injuste accusation de barbarie qui devait persister jusqu'à notre siècle. Il remettait en honneur la ligne droite, pour l'ensemble du monument, les portes et les fenêtres, les cinq ordres classiques pour les chapiteaux et les colonnes. Ce livre était donc un arrêt de mort contre l'architecture religieuse et civile du Moyen Age et il ramenait l'art à l'imitation des modèles antiques. La réputation dont jouissait Alberti dans le monde des princes et des humanistes, donna beaucoup de vogue à ces théories, qui répondaient d'ailleurs à merveille au goût de l'époque pour l'antiquité. Le traité De re œdifîcatoria devint le manuel de tous les architectes de la Renaissance et bientôt, sur tout le sol italien, s'élevèrent des monument civils et religieux construits selon ce nouvel idéal.

Plus que personne Nicolas V favorisa cette révolution artistique lorsque, en prenant Alberti pour architecte du Vatican et de Saint- Pierre, il lui ouvrit le plus vaste champ d'application qui se pouvait rêver.

Jusqu'au pontificat de Nicolas V, le Vatican n'eut qu'une importance médiocre ; les papes du Moyen Age lui avaient préféré soit le Latran, soit les palais de Viterbe, d'Orvieto et de plusieurs autres villes de la Tuscie ou de la Campanie. Lorsque, en 1277, Nicolas III avait voulu y établir sa résidence, il avait fait-r faire de nouvelles constructions pour remplacer par un palais ce qui n'avait guère été jusqu'alors qu'un logement à côté du sanctuaire de Saint-Pierre. C'é^ taient ces bâtiments qui formaient encore, au milieu

(lu XV® siècle, la résidence pontificale du Vatican. Martin V et Eugène IV s'étaient contentés d'y faire exécuter les réparations les plus urgentes. Il entrait dans le vaste plan de Nicolas V de reconstruire en entier ce palais, dans des proportions immenses, pour réunir sous un même toit non seulement les diverses résidences du pape, mais encore tous les services importants de son gouvernement. Sous la direction d'Alberti et de Rossellino, des entrepreneurs, des maçons et des artisans de toutes sortes se mirent à l'œuvre dès 1447. Ils y étaient encore à la fin de 1453 ; les dépenses * qui y furent faites dépassèrent, en six ans, 120.000 florins (près de 6 millions de francs).

« Nicolas V fit faire en grand nombre, au Vatican, des chambres, et des salles de réception, » dit Panvinio^. On peut les y retrouver. Lorsque par l'escali^ de Pie IX on arrive à la cour Saint-Damase, on voit à droite les bâtiments que construisit Sixte- Quint, à la fin du XVP siècle, et qui renferment de nos jours les appartements privés du pape, et à gauche, les loges de Bramante, derrière lesquelles s'étendent les chambres de Raphaël et l'appartement Borgia. C'est tout ce côté gauche de la cour Saint-Damase qui nous représente le Vatican de Nicolas V. Si le premier étage a été retouché sous Alexandre VI, le second est encore, dans ses grandes lignes, tel qu'il apparut vers 1453. Les clefs de voûte des Stanze portent l'écusson de Nicolas V ; on le retrouve encore sur les montants et les linteaux de plusieurs portes ^. Les fenêtres de marbre de la chambre actuelle de la Vigna

\, MDntz, Les Arts, etc., p. Hl et suiv.

Page 1