Edrle, Historia bibliothecœ pontificum romanorumy
étaient rehaussées de broderies, d'ornements en métaux précieux, de fermoirs de cuivre, d'argent ou d'argent doré^
Grâce aux soins du pape, cette bibliothèque ne tarda pas à devenir l'une des plus riches de la chrétienté ^. Au début du pontificat, elle ne comptait que quelques volumes : l'inventaire qui fut dressé sous Clément V, en 1311, en mentionnait plus de 1,300, datant pour la plupart des temps de Boniface VIII. C'étaient surtout des bibles, des ouvrages de théologie, de philosophie scolastique, de liturgie, d'histoire ecclésiastique et de droit. Les Pères de l'Eglise latine y figuraient avec saint Ambroîse, saint Augustin, saint Jérôme, saint Grégoire le Grand, saint Pierre Chrysologue, Cassien ; ceux de l'Eglise grecque avec Denys l'Aréopagite , Origène , saint Athanase et saint Chrysostome. Cependant, une part déjà assez importante y était faite à la littérature classique. Les inventaires mentionnent les œuvres de Cicéron, Virgile, Sénèque, Ovide, Lucain, Pline, Suétone, Macrobe et Claudien, ainsi que les traités grammaticaux de Solin et de Donat.
Qu'en un temps où régnaitla scolastique, Boniface VllI ait placé dans sa bibliothèque les traités d'Aristote à côté des Sommes de saint Thomas, cela se comprend; mais ce qui est plus étonnant, c'est que nous y trouvions aussi Platon lui-même, avec ses deux dialogues du Parménide et du Timée et l'exposé par Proclus de la philosophie académicienne. Lorsque, au Moyen Age, on se risquait dans les œuvres d'auteurs grecs, c'était le plus souvent à travers des traductions latines ; et cependant les inventaires signalent dans la biblio-