‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 91 sur 153 · MÙNTZ, Op. cit.t · texte numérisé non relu

MÙNTZ, Op. cit.t

tesque qu'il avait rêvé! Un palais, magnifique sans doute et artistement décoré, un Belvédère , ce n'était pas encore là cette résidence immense, cette cité papale que Nicolas V avait voulu édifier pour lui et les grandes administrations de TÉglise. Au Vatican, son œuvre restait inachevée.

11 en fut de même à Saint-Pierre. Au commencement de son pontificat, il se contenta de poursuivre les réparations que ses deux prédécesseurs avaient faites à l'atrium et à la basilique, achevant de restaurer la façade et plaçant son écusson sur les mosaïques à côté de celui d'Eugène IV. Il renouvela la toiture et le pavement du portique ; enfin il fit refaire en marbre et en bois les portes qui donnaient accès dans l'atrium. Ces travaux étaient terminés en 1449, comme le prouve l'inscription NICOLAVS. PP. V. MCCCCXLIX^ qu'il fit placer. Il semble donc n'avoir pensé tout d'abord, comme ses prédécesseurs, qu'à remettre en état l'ancienne basilique.

Mais, en 1450, tous ces plans furent changés. Renonçant à ses projets de restauration, Nicolas V donna l'ordre de reconstruire entièrement l'église de Saint- Pierre ; et pour commencer, il fit jeter à terre l'abside et plusieurs oratoires voisins. Dans le monde religieux, et chez ceux des humanistes dont les sentiments chrétiens n'avaient pas été affaiblis par le culte de l'antiquité, on apprit avec tristesse cette grave détermination ; ce ne fut pas sans une peine profonde que Maffeo Vegio vit tomber sous les coups des démolisseurs ces murs vénérables, témoins pendant plus de mille ans des grandes scènes delà vie de l'Eglise^. Détruire un monument qui

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