‹ L'Église et les origines de la RenaissanceChapitre 92 sur 153 · Acta Sanclorunif juin, t. VU, p · texte numérisé non relu

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avait été élevé par le premier empereur chrétien pour commémtorer le triomphe du christianisme et le remplacer par un temple entièrement neuf, n'était-ce pas faire disparaître l'un des plus vénérables sanctuaires de la chrétienté, témoignage authentique de mille ans de traditions, symbole éclatant de la continuité de l'Eglise? n'était-ce pas dans cette basilique que, pendant dix siècles, des millions de pèlerins étaient venus de tout le monde chrétien s'agenouiller au tombeau de l'Apôtre? n'était-ce pas sur ces dalles et ces « roues » de porphyre que, depuis Charlemagne, les empereurs avaient reçu la couronne et l'onction sainte? « Si la démolition de Tancienne basilique n'était pas indispensable, c'était l'acte le plus sacrilège des temps modernes^ ».

Nicolas V avait-il fait toutes ces réflexions lorsqu'il livrait aux démolisseurs l'abside de Saint-Pierre ? M. Mûntz le croit. D'après lui, la démolition s'imposait parce que la basilique menaçait ruines, et il appuie cette affirmation sur le témoignage d'architectes et d'archéologues tels qu'Alberti, au XV® siècle, Grimaldi, au XVIP. Dans son traité d'architecture ^, le premier écrivait, en 1452, que la paroi méridionale de l'église penchait vers l'extérieur, inclinant sur le vide de plus de trois brasses (1°',75), et il tirait de cette constatation cette conclusion bien nette : « pour moi, il n'est pas douteux que, dans peu de temps, un léger coup ou un léger mouvement provoquera la chute ». « Comme la basilique de Saint-Pierre du Vatican, construite par Constantin le Grand, menaçait ruines, dit Grimaldi, le souverain pontife Nicolas V

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