De re œdificatoria, I
avait projeté de la reconstruire entièrement... du côté du midi, elle s'élevait sur trois murs du cirque de Néron et de Caius qui ne pouvaient plus supporter le poids du toit et des colonnes. Les autres murs s'élevaient non sur un sol ferme, mais sur une terre meuble, comme on le vit bien, quand on construisit le clocher du côté sud. Aussi les murs qui étaient construits sur la grande colonnade du midi, avaient du haut en bas une inclinaison de 5 palmes (1™,11) et de tous côtés menaçaient de tomber. » Celui du côté du nord n'était pas moins ébranlé : « Sur la paroi septentrionale, dit encore Grimaldi, étaient peintes des scènes du Nouveau Testament; mais comme, à cause de l'inclinaison du mur, la poussière s'y arrêtait facilement, les peintures étaient entièrement cachées ^ » Enfin, Nicolas V lui-même déclarait dans une bulle de 1451 que « la basilique du prince des Apôtres était tellement dégradée qu'elle menaçait ruines 2 ».
Malgré ces affirmations catégoriques, qui ont suffi à MM. Mtlntz, Pastor et Geymtiller ^, on peut se demander si l'on ne s'est pas trop pressé de substituer au vieux Saint-Pierre un monument entièrement nouveau. Remarquons tout d'abord que, quoique ayant traversé des vicissitudes encore plus graves, la basilique de Saint- Paul hors les Murs, presque aussi ancienne que celle de Saint-Pierre, a duré jusqu'à l'incendie de 1823. D'autre part, si Grimaldi et Alberti s'accordent à parler de l'inclinaison du mur, ils se contredisent sur l'évaluation qu'ils en font. Alberti se contredit lui-même à ce sujet : dans ce même traité d'architecture ^, il loue la solidité
i. Cité par MÛNTZ.
i, Bullarium Vaticanum^ 11, 138.
3. Pastor, II, 165. — Geyhullek, Entwûrf fur S, Peter^ p. 133.