MAI 1789 AU 30 SEPTEMBRE
Messieurs,
Nous avons assisté aux préludes de la Révolution. Il nous faut maintenant entrer dans le récit de cette grande tempête. Les événements abondent, et, n'ayant pas le temps de les raconter tous, je vous signalerai seulement ceux qui se rapportent à l'histoire de l'Eglise. Je laisse donc de côté les quinze premières aimées du règne de Louis XVI, et j'aborde immédiatement l'Assemblée Constituante qui a vécu du 5 mai 1789 au 30 septembre 1791. Que d'événements nouveaux, inattendus, solennels et déjà tragiques dans ce court espace de deux années! Interrompus depuis presque deux siècles, les états généraux s'ouvrent à Versailles, le 5 mai 1789, par une cérémonie religieuse, célébrée dans l'église Saint- Louis, en présence du roi, de la cour et des députés des trois ordres du Royaume. L'évêque de Nancy, Msr de la Fare, prononce un discours sur ce texle :
« La religion fait la force des Empires et le bonheur des peuples. » Et quand, vers la fin de son discours, il en vient à prononcer le nom de libertés publiques, un tressaillement électrique lui répond. L'enthousiasme éclate, on se lève et on applaudit, malgré la sainteté du lieu et la présence du Roi. 11 y avait de la poudre dans l'air. Vous savez la suite : la vérification des pouvoirs, le serment du Jeu de Paume, la fusion des Trois Ordres, la prise de la Bastille, la nuit du 4 août dans laquelle tous les privilèges sont abolis, et enfin la Déclaration des Droits de l'homme qui inaugure une ère absolument nouvelle. Je n'ai pas à m'occuper de l'œuvre politique et sociale de l'Assemblée Constituante. Je vous signale seulement ses mesures antireligieuses, c'està-dire la spoliation du clergé, la suppression des ordres religieux et la constitution civile du clergé.