‹ L'église et son œuvre (volume 2)Chapitre 113 sur 133 · II. La suppression des Ordres religieux · texte numérisé non relu

II. La suppression des Ordres religieux

Les Ordres religieux sontl'avant-gardede l'Eglise, et déjà les Jésuites avaient été supprimés. L'impiété

n'était pas satisfaite. Elle voulait arriver à la destruction de tous les monastères, qu'elle représentait comme des prisons où l'on tenait renfermés des hommes et des femmes victimes des préjugés de leur siècle. Aux yeux des philosophes, les vœux de religion étaient contraires au droit naturel et il fallait les abolir. En voilà un beau raisonnement! Les vœux de religion ne sont-ils pas un acte, une aifaire de conscience? L'Etat n'a pas le droit d'intervenir dans la conscience ni de régler les rapports de la conscience avec Dieu. Et d'ailleurs, du moment que la Constitution elle-même déclarait tous les cultes libres, tous les Français égaux devant la loi et la propriété inviolable, il n'y avait qu'à laisser les religieux faire des vœux, les garder et demeurer ensemble dans une maison à eux appartenant. Ainsi parlait le simple bon sens et la droite justice. La Constituante en décida autrement.

Une loi du 13 février 1790 supprime tous les Ordres religieux, décrète l'abolition des vœux et rend au siècle, moyennant une modique pensionnes hommes et ces femmes qui avaient fait de leur liberté le plus noble usage en se consacrant au service de Dieu, des malades, des ignorants et des pauvres. Ce décret fut accueilli avec joie par quelques religieux et religieuses sans vocation. Mais la plupart demeurèrent fidèles à leurs engagements au milieu du monde, ou se reconstituèrent en communautés dans des maisons particulières.

La Constituante a dépouillé l'Eglise de ses biens; elle l'a privée de ses Ordres religieux. Est-ce tout? Non. Elle veut l'asservir et la déconsidérer.

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