IV. A Orléans
L'Eglise a fait son apparition à Orléans dès les temps apostoliques. Gela semble historiquement prouvé. En l'année 46, sous l'empereur Claude, saint Pierre présent à Rome organise une grande mission, et confie à dix-sept de ses disciples la noble tâche de gagner à Jésus-Christ les dix-sept provinces de la préfecture des Gaules. Il envoie
Savinien, Potentien et Altin à Sens, métropole de la province celtique, avec ordre de rayonner à Chartres, à Troyes, à Lutèce et à Genabum. Ils abordent à Marseille, remontent le Rhône, côtoient la Loire et s'arrêtent à Ferrières-en-Gâtinais le 25 décembre, où ils consacrent une petite chapelle qu'ils nomment Bethléem. Savinien et Potentien se dirigent vers Sens, et Altin vient à Orléans, où il implanta la foi chrétienne vers l'an 67. Ce jourlà Orléans naissait à la vérité et entrait dans le giron de l'Église pour n'en plus sortir jamais.
— Saluez, Messieurs, la diffusion immense, spontanée, miraculeuse de l'Eglise primitive. Le sang de nos martyrs a ensemencé la terre, et la terre aussitôt a porté partout des moissons de chrétiens. La vie catholique avait tout contre elle ; elle a tout vaincu ; elle a grandi dans la destruction ; elle s'est multipliée dans la mort. Et au bout de trois siècles, se dressant devant le monde, pareille à un géant, grande comme l'Empire romain, élevant sa tête couronnée de lumière au-dessus de cette mer sanglante où la tyrannie croyait l'avoir submergée, elle a dit : « Mes enfants, regardezmoi et n'ayez pas peur. J'ai vaincu la haine des Juifs et la fureur des païens; j'ai vaincu le glaive des Césars et la plume des rhéteurs; j'ai vaincu les hérésies. J'ai dans mon àme une vie divine, et il n'est pas donné aux hommes d'exterminer la vie
LES COMBATS DE L'ÉGLISE PRIMITIVE i?5
de Dieu!» Saluez, Messieurs, ce miracle historique. Reconnaissez l'intervention de Dieu dans la fondation de son Eglise. Et sachez que l'Église, ayant pris possession du monde, ne le lâchera pas. Nous, catholiques, nous sommes une force spirituelle, et toutes les violences ne peuvent rien contre nous. Nous sommes une force vitale, et le inonde qui a été sauvé par nous périrait sans nous. Nous sommes une force divine, et les passions humaines, qui ont toujours la liberté de nous nuire, n'auront jamais la possibilité de nous vaincre. Sachez cela, Messieurs, et dites-le. Ayez conscience de ce que vous êtes, de ce que vous valez, de ce que vous pouvez, et ramassez le monde dans la poussière de ses déceptions et de ses décadences pour l'élever à la hauteur de votre foi chrétienne et de votre vie catholique !
Amen!
HUITIEME CONFERENCE
Le Triomphe de l'Église primitive
Messieurs,
Malgré des obstacles humainement insurmontables, l'Eglise primitive s'est répandue dans tout l'univers. Bossuet dit à ce propos : « Après qu'il eut fait voir par une si longue expérience qu'il n'avait pas besoin du secours humain ni des puissances de la terre pour établir son Eglise, Dieu y appela enfin les Empereurs et fit du grand Cons tantin un protecteur déclaré du Christianisme. » Voilà ce que je voudrais vous montrer aujourd'hui : l'Église libre, l'Eglise protégée, l'Eglise triomphante avec Constantin ; après trois siècles de persécution, l'Eglise respire enfin et prend sa place au soleil.