II. La consommation du schisme grec
A la suite et à l'exemple de Photius, les Évêques de Gonstantinople se mettent à la remorque et sous la dépendance complète des Empereurs, et de plus
en plus s'affranchissent de la primauté romaine. Ils s'attribuent une juridiction universelle sur tout l'Orient.
Deux siècles après Photius, en 1054, Michel Cérulaire, d'abord cirier, puis conspirateur et moine, accède au trône patriarcal où il n'apporte que sa fourberie et son ambition. Il refuse de communiquer avec les légats du Pape. Il est excommunié par le pape Léon IX. Furieux, Michel Cérulaire convoque quelques Évêques à un conciliabule, et, à son tour, il excommunie les légats pontificaux et prétend rayer le nDm du Pape des dyptiques sacrés. Il écrit aux autres patriarches de l'Orient et parvient à les entraîner dans son parti. Dès lors le schisme fut consommé. Pourtant une minorité d'évèques et de chrétiens fidèles resta en communication avec le. Saint-Siège et forma l'Eglise grecque unie. Les autres constituèrent l'Eglise grecque soi-disant orthodoxe, mais beaucoup plus exactement nommée schismatique.
Après cette rupture solennelle plusieurs tentatives furent faites pour la réparer. Deux fois, les représentants de l'Église grecque reconnurent leur erreur et signèrent un acte de réunion et de soumission à l'Église romaine, mère et maîtresse de toutes les Églises. Mais ni le Concile de Lyon qui approuva le premier acte en 1274, ni le Concile de Florence qui rédigea le second en 1430 ne purent rendre la grâce, la force et la vie à ce peuple séparé.
Le bras de Dieu s'appesantissait visiblement sur une Eglise dont l'orgueil, la bassesse et l'hypocrisie ne connaissaient plus de mesure. J'entends en 1451 le pape Nicolas V avertir les Grecs que, s'ils ne reviennent pas à l'unité, ils seront bientôt traités comme le iiguier stérile, coupés jusqu'à la racine et jetés au feu. Gonstantinople ne veut rien entendre. On chasse les députés de l'Eglise romaine, qui viennent offrir des secours contre les Turcs. « Plutôt le turban que la tiare ! » s'écrie le frère de l'Empereur... Souhait coupable et bientôt accompli ! Le 29 mai 1453, le turban de Mahomet II entrait dans la seconde Rome, et c'est ici qu'il faut voir ce que devient un peuple séparé du centre de l'unité.