I. Un mot de sa charité d'abord
Avant de voir comment il se fit craindre, voyons comment il se fit aimer. Le jour de son intronisation, il jette au peuple quatre cent mille écus. Dans un temps de famine, il nourrit jusqu'à huit mille indigents par jour sous les portiques de son palais;
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il ouvre des asiles à toutes les misères; devançant de cinq siècles les intuitions de saint Vincent de Paul, il érige à Rome et il dote magnifiquement une maison de refuge pour les enfants abandonnés ; comme Louis IX rendant la justice sous le chêne de Vincennes, il accueille à son tribunal paternel, non seulement les Italiens, mais les peuples et les princes de tous les Etats, et on vit un jour jusqu'à quarante mille étrangers attendre autour de lui, à Viterbe, l'audience pontificale. Il sert lui-même les pauvres à sa table ; il vend pour les assister sa vaisselle d'argent; de sa bouche qui faisait trembler les rois il instruit les enfants trouvés ; de sa plume habituée à gouverner le monde, il trace les sublimes et touchantes prières du Veni sancte Spiritus et du Stabat Mater. 11 manie en même temps le double levier d'une immense charité et dune politique ferme.