I. Le ûls
Les grands hommes, dit Bossuet, se forment sur les genoux de leur mère. Heureux l'enfant qui trouve auprès de son berceau une mère vertueuse et tendre! Il ne sera jamais tout à fait mauvais. Il
recevra d'elle ses premières impressions, ses premiers goûts, et par suite ses habitudes souvent définitives, et, quand plus tard il sera tenté de s'égarer, le seul souvenir de sa mère l'arrêtera sur le bord du précipice et le poussera vers le bien. La mère de Louis IX, Blanche de Castille avait l'âme grande, fière et chrétienne ; elle donna d'excellents maîtres à ses enfants et les fit soigneusement élever dans la crainte de Dieu. « Mon fils, disait-elle au jeune roi, vous savez combien vous m'êtes cher, et cependant j'aimerais mieux vous voir mort que coupable d'un péché mortel! » Il y a ici des femmes, des épouses, des mères. C'est à elles que j'envoie la parole de Blanche de Castille, et je leur demande de ressembler à cette pieuse reine et de comprendre comme elle les grandeurs et les devoirs de leur maternité. D'ailleurs, et c'est encore une leçon, la piété de Blanche de Castille ne lui faisait point oublier ses devoirs d'état. Elle était mère, et en même temps régente. Elle contint donc avec fermeté les seigneurs mécontents qui auraient voulu s'opposer au sacre de son fils. Surprise par leurs troupes sur la route d'Orléans, elle se réfugia dans la tour de Montlhéry, et appela à son aide les bourgeois de Paris, qui vinrent en armes la délivrer. Elle apprenait ainsi à son jeune fils à accomplir son devoir et à faire prévaloir son droit, la piété qui fait le chrétien et la vaillance qui fait le héros. Admirons les fruits de cette éducation.